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Loin de freiner le trafic, le confinement a offert un boost inédit aux transactions sur le net interlope. Selon la société israélienne de cyber-intelligence Sixgill, le volume des transactions aurait triplé durant le confinement.

Pendant le confinement, de nombreuses personnes ont trompé leur ennui sur le darknet: une aubaine pour les trafiquants de drogue, qui entrent dans une période particulièrement prospère.
L’arrivée sur internet de nouveaux vendeurs, conjuguée à l’effort involontaire des services de livraison, ont rendu possible cet essor, après quelques années difficiles.
Cannabis, MDMA, cocaïne et méphédrone sont les substances les plus recherchées actuellement. «Le marché de la drogue sur le darknet connaît un âge d’or, assure Dark.fail, un chercheur spécialiste en la matière. Bloqués chez eux, les gens en ont profité pour explorer Tor [un portail vers le dark web, ndlr] et acheter de la drogue.»
C’est l’une des fameuses échoppes du net interlope, Empire, qui profite le plus de ce boom. Mettant en avant de bonnes affaires durant le confinement, la plateforme est parvenue à multiplier les ventes et enregistre d’excellents avis, tant sur la livraison que sur la qualité des produits.
Sixgill, une société israélienne de cyberintelligence, a estimé le volume de commandes passées sur le site grâce aux commentaires laissés par les internautes.
Au 23 décembre 2019, on comptait en moyenne 97.616 avis quotidiens, contre 311.157 au 23 mars 2020: l’activité d’Empire aurait donc plus que triplé au premier trimestre 2020.
Au Royaume-Uni, le trafic de drogue a bénéficié d’un coup de pouce involontaire de la part du groupe Royal Mail.
Recrutant massivement pour faire face au manque de personnel durant la crise sanitaire, l’opérateur postal a permis aux livraisons d’être poursuivies sans trop d’encombre.
«Les délais de livraison ont été très longs au début, témoigne Rudi, un consommateur, mais ils sont très vite revenus à la normale.»
Selon des chiffres de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), le site spécialisé Cannazon aurait vendu 1,6 tonne de cannabis entre janvier et mars, pour une valeur de 5,2 millions d’euros.
Catherine De Bolle, directrice d’Europol, confirme qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé: «La pandémie a eu un impact considérable sur nos vies et a ralenti nos économies.
Cependant, ces marchés illégaux continuent à générer de très importants profits […]. Les saisies de drogues illégales dans certains pays européens durant la première moitié de 2020 ont été plus importantes qu’à la même période les années précédentes.»
Capable de résister à une récession, et même de gérer des pics d’activité exceptionnels, le commerce de la drogue n’est pas près de rendre les armes.

Source Korii

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