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HISTOIRE. JOUR J. Il aura fallu 10 minutes aux Etats-Unis pour reconnaître le tout nouvel Etat d’Israël ce 14 Mai 1948 -72 ans jour pour jour- proclamé par David Ben-Gourion qui en deviendra le 1er premier ministre…Le Président américain Harry Truman le confirmera immédiatement par écrit…La Russie le fera dans la foulée…La France, quant à elle, attendra un an… (Nathalie Sosna Ofir).

La déclaration d’indépendance de l’État d’Israël a eu lieu le , dernier jour du mandat britannique sur la Palestine. C’est l’annonce officielle de la naissance d’un État juif en Terre d’Israël. Elle fut prononcée par David Ben Gourion, président de l’Agence juive qui devint le premier Premier ministre du pays.

La déclaration fait suite au plan de partage de la Palestine voté à l’ONU le 29 novembre 1947. La déclaration d’indépendance d’Israël est l’aboutissement du projet sioniste 50 ans après sa lancée. La cérémonie de signature, qui se réduit principalement à la lecture du texte par David Ben Gourion et sa signature, ne dure que 32 minutes et suscite des manifestations de joie dans les rues de Tel-Aviv. Chaim Weizmann, malgré son rôle majeur dans la déclaration Balfour de 1917 et la fondation d’Israël, ne figure pas parmi les signataires de la déclaration d’indépendance. Bloqué à New York le 14 mai, il ne pouvait être présent pour la signature. Sa demande de la signer a posteriori lui sera refusée par David Ben Gourion, ce qui blessa Weizmann.

LE PLUS. Après la Guerre, La France permettait aux dirigeants sionistes de mener des activités sur son territoire, d’envoyer sporadiquement des armes et d’organiser l’immigration juive à partir de ses ports. Finalement, elle a également voté en faveur du plan de partage de la Palestine mandataire par l’ONU le 29 novembre 1947. Cette politique française était soutenue pour l’essentiel par certaines personnalités socialistes souvent Juifs et anciens résistants, tels que Léon Blum René Mayer ou Daniel Mayer, par le ministre de l’Intérieur Édouard Depreux et par l’armée. En revanche, comme l’ont montré les travaux de recherche du Dr Tsilla Hershco, le Quai d’Orsay avait peu de sympathie pour le mouvement sioniste, et une attitude beaucoup plus ambivalente à son égard, inspirée par des considérations de realpolitik.

La diplomatie française craignait notamment qu’un soutien au mouvement sioniste lui aliène le monde arabe et provoque une guerre au Proche-Orient qui nuise à ses intérêts. La grande importance accordée alors par la France à ses relations avec les pays arabes est notamment révélée par son attitude dans l’affaire du grand mufti de Jérusalem, Mohammed Amin al-Husseini à qui la France avait offert l’asile malgré sa collaboration avec les nazis et sa demande d’extradition en tant que criminel de guerre.

La France reconnaît de facto Israël le 24 janvier 1949 mais la reconnaissance de jure n’intervient que le 20 mai 1949, un an après sa naissance car plusieurs désaccords importants existaient entre les deux pays concernant notamment le statut de Jérusalem et des Lieux saints et l’avenir des institutions françaises en Israël, sujet qui tenait particulièrement à cœur au consul général de France à Jérusalem, René Neuville. La France conditionnait même la reconnaissance d’Israël au règlement de cette dernière question.

Pour synthétiser, une théorie s’est faite jour : celle des « trois France » face à Israël3. Premièrement, la France « fille aînée de l’Église », qui se préoccupe du sort de Jérusalem et des Lieux saints. Deuxièmement, la « puissance méditerranéenne » qui se soucie de ses intérêts en Afrique du Nord et au Levant. Troisièmement, la France « humaniste et résistante », pays de l’émancipation des Juifs, où se trouve la plus grande communauté juive d’Europe après la Seconde Guerre mondiale, et qui fait prévaloir les droits de l’Homme. Cette théorie permet de démêler les apparentes contradictions de la politique française à l’égard d’Israël. Elle explique notamment pourquoi Paris attend près d’un an avant de reconnaître officiellement l’État juif : la France « humaniste et résistante » pousse à une reconnaissance rapide de l’État d’Israël ; les tenants de la « puissance méditerranéenne » s’y opposent par crainte des répercussions dans le monde arabe .

LE PLUS. Le 14 mai 1948, l’Etat d’Israël est proclamé, lors d’une courte cérémonie de 30 minutes, à Tel Aviv. 70 ans plus tard, le politologue Alain Dieckhoff en raconte les coulisses, le contexte, et ce qu’il en reste aujourd’hui.

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