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EDITORIAL. Nathalie Sosna-Ofir

Le ministère de la Santé travaille ces jours ci avec la population haredi pour lui faire prendre conscience du danger et de l’importance du respect du confinement.  Le MDA Magen david Adom y a installé un camion de dépistage volant dans la ville pour arriver au plus près de la population. 200 nouveaux porteurs décelés entre hier et aujourd’hui . Si cette tendance se poursuit, ce sont 1500 habitants de Bné Brak qui seront malades d’ici la semaine prochaine. Et les fêtes de Pessah arrivant, les autorités craignent un nouveau pic de contamination deux semaines plus tard si le confinement n’était pas respecté.

Et une surcharge pour les hôpitaux. Désormais pour rentrer à Bné Brack il faut prouver à la police que l’on y réside. Et ces deux derniers jours, des policiers ont distribué des contraventions pour un montant total de 170^000 euros à ceux qui enfreignaient le confinement à Bné Brak, Mea She’arim,et Beit Shemesh. Des policiers souvent accueillis sous les cris de « sales nazis » et de jets de pierre.

Et ce matin, 7 membres de la mouvance lituanienne ont été arrêtés après avoir organisé une prière commune dans la ville de Modiin Illit. Il est donc en en effet envisagé de boucler Bné-Brack mais aussi d’autres zones harédites. Cependant, le ministère de la santé hésite car une fermeture complète pourrait produire l’effet inverse, une contamination plus importante. Alors pourquoi les ultra-orthodoxes ne prennent-ils pas le coronavirus au sérieux ?

Tout d’abord, ils considèrent leurs rabbins comme étant leurs vrais dirigeants. Ils estiment que l’État ne représente pas leurs intérêts et c’est leur rabbin qui fait figure de premier ministre. ‘est donc d’abord lui qu’ils écoutent. C’est d’autant plus vrai au sein des factions les plus extrémistes du secteur ultra-orthodoxe telles que la mouvance de de Jérusalem ou la mouvance lituanienne qui résistent souvent violemment à l’application des réglementations imposées, que ce soit l’enrôlement à l’armée ou comme maintenant la distance sociale de deux mètres entre deux personnes.

De plus les familles ultra-orthodoxes sont généralement très nombreuses, leurs appartements petits, sans jardin, sans balcon. Dans certains il n’y a pas assez de lits pour tous les membres de la famille. Car certains enfants vivent dans les séminaires religieux où ils étudient. Si la tendance ne s’inverse pas, les conséquences pourraient être tragiques en termes de coût humain et économique.

Nathalie Sosna-Ofir

 

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