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L’ambassadeur de France en Israël, Eric Danon, était présent sur le campus de l’Université de Tel-Aviv le lundi 2 décembre, avec le Directeur de l’Institut Français Jean-Jacques Pierrat, l’Attaché de coopération scientifique, Paul Furia, et Martial Guérin, chargé de la coopération universitaire. Il y a été reçu par le Président de l’Université, le Prof. Ariel Porat, le Prof. Raanan Rein, Vice-Président, et Amos Elad, Vice-Président chargé des ressources. Ont également participé à la réunion Ilana Papo, chargée des relations extérieures de l’UTA avec les pays francophones, ainsi que les représentantes de l’Association francophone de l’Université de Tel-Aviv, Agnès Goldman et le Prof. Ruth Amossy.
L’ambassadeur a également visité l’Ecole de Cinéma, et rencontré le Doyen de la Faculté de Droit, le Prof. Sharon Hannes, ainsi que le Prof. Nadine Kuperty-Tsur, Directrice du Programme de culture française.

La visite a débuté dans le bureau du Président de l’Université, où, à la demande du Prof. Porat, l’Ambassadeur Eric Danon a résumé son impressionnante carrière. Ancien élève de l’ENS, il est agrégé de sciences physiques, diplômé de l’IEP Paris (Sciences Po), et de l’ENA. Comme il l’explique, sa carrière, dans les secteurs public et privé, s’est développée autour de trois pôles principaux: désarmement et sécurité dans le monde, lutte contre les menaces criminelles contemporaines et coopération avec les pays en développement. Il a notamment participé aux négociations sur l’interdiction des armes chimiques et la non militarisation de l’espace extra-atmosphérique, et a été représentant permanent de la France à la Conférence du désarmement de l’ONU. Titulaire d’un PhD en affaires nucléaires, il a participé deux fois aux négociations avec l’Iran. Dans le secteur privé, il a été détaché à la Division Espace et Défense d’Airbus et dirigé la société Elva SA de développement de systèmes de sécurisation des données sur Internet. Par ailleurs, il a été responsable des aspects diplomatiques de la lutte contre le terrorisme, les trafics internationaux et le blanchiment d’argent au Quai d’Orsay, et conseiller diplomatique d’Interpol pour la lutte contre les trafics de marchandises illicites. Enfin, il a occupé diverses fonctions ministérielles liées à la coopération avec l’Afrique.

« Montrer que quelque chose se passe dans le débat entre nos deux pays au plus haut niveau »

A son tour, le Prof. Porat présente l’UTA. Avec 30 000 étudiants, 1 100 professeurs en chaire, 2 500 intermittents et au total 10 000 employés, c’est la plus grande université d’Israël. Ses neuf facultés englobent tous les domaines de la connaissance, favorisant l’interdisciplinarité qui se concrétise notamment par la multiplication de centres de recherche multidisciplinaire, comme par exemple son Centre de Neurosciences, qui possède une renommée mondiale, ou encore le dernier en date, le Centre de science et technologie quantiques inauguré en septembre dernier. « D’ici deux semaines, nous inaugurerons un centre pour les études sur l’Intelligence artificielle, dans le but de nous positionner également comme leaders dans ce domaine », précise le Prof. Porat. Par ailleurs, l’Université collabore quotidiennement avec ses dix-sept hôpitaux affiliés, et bénéficie de sa situation stratégique au cœur de la nation startup.

Le Prof. Raanan Rein présente l’aspect international de l’université, notamment son Ecole internationale où plus de 1 000 étudiants étudient chaque année dans divers programmes de pointe, entre autre sur la cyber-sécurité et les smart cities, son MBA internationalement reconnu, ses extensions à l’étranger notamment ses programmes communs avec l’Université de Berkeley et l’Université de Chicago, et à présent également son diplôme conjoint avec l’Université de Columbia aux Etats-Unis. « En plus des relations individuelles des chercheurs avec leurs homologues français, nous entretenons des relations avec de nombreuses institutions françaises de haut niveau comme Sciences Po et le Collège de France. Nous souhaitons mieux identifier les domaines spécifiques de collaboration possible et également développer le nombre d’étudiants français à l’UTA ».

Intégrer Israël au consortium européen

L’Ambassadeur de France fait part d’un projet qu’il souhaite personnellement promouvoir, dans le cadre duquel des débats, retransmis par les chaines télévisées et les média sociaux, seront organisés à l’Ambassade de France entre des professeurs israéliens et français, sur les grandes questions qui préoccupent les deux pays: « Ceci pour montrer que quelque chose se passe dans le débat entre nos deux pays au plus haut niveau », explique-t-il. Il est convenu de fixer une réunion pour aborder ce projet de manière concrète.

Il relève que la question de l’équivalence des diplômes reste encore problématique, car il n’y a pas encore de correspondance totale: la France, par exemple, est habituée au système des Grandes Ecoles, et n’a pas de PhD. Cependant elle est intéressée à développer le potentiel des échanges d’étudiants tant dans le domaine des Lettres et Sciences humaines que dans celui du HighTech. « Bien que les systèmes d’éducation supérieurs soient différents entre les deux pays, le but commun reste l’excellence, et nous devons faire des efforts pour faire se rencontrer les personnes travaillant dans les mêmes domaines, par exemple sous forme d’atelier ». Là aussi, une réunion de travail sera nécessaire pour mettre cette idée en pratique.

Jean-Jacques Pierrat présente plus spécifiquement la politique actuelle de la France à l’égard de l’enseignement supérieur. Science et technologie sont parmi les domaines d’investissement privilégiés de cette nouvelle politique, et 15% du budget sera consacré à la mobilité: « l’objectif est d’atteindre 500 000 étudiants en mobilité en 2027. De plus, la France est le 5e partenaire scientifique mondial d’Israël ». Il présente la nouvelle initiative phare de l’UE visant à la création d’ici 2024 de 17 ‘universités européennes’, partenariats stratégiques qui stimuleront la coopération entre les établissements et permettront aux étudiants d’obtenir un diplôme en combinant des études dans plusieurs pays de l’UE. Un budget total de 85 millions d’euros sera mis à la disposition des 17 premières « universités européennes ». Chaque alliance recevra jusqu’à 5 millions d’euros au cours des trois prochaines années. L’initiative sera pleinement déployée dans le cadre du prochain programme Erasmus+ 2021-2027. « Nous souhaiterions vérifier la possibilité d’intégrer des partenaires israéliens à ce consortium », a précisé Jean-Jacques Pierrat. Une réunion sera également prévue pour vérifier cette possibilité par la suite.

Jean-Jacques Pierrat précise également l’existence de bourses de l’Institut français dans le cadre de programmes franco-israéliens scientifiques spécifiques, notamment dans le domaine du diagnostic des maladies mentales et de l’autisme.

Rencontre amicale et fructueuse

Le Prof. Porat soulève que l’intelligence artificielle est l’une des priorités de l’UTA, et émet le souhait de collaborer avec des universités françaises dans ce domaine. Paul Furia rappelle que, lors de la semaine de l’IA organisée récemment à l’université, une table ronde a réuni deux grands spécialistes israéliens et français dans ce domaine, le Prof. Isaac Ben Israël, Directeur du Centre de recherche sur la cyber-sécurité de l’UTA, et le Dr. Bertrand Braunschweig, Directeur du programme national français de recherche en intelligence artificielle. Il précise que la seconde priorité de la France pour la recherche est le domaine de la santé: « Les choses changent très vite en France dans le domaine de l’éducation supérieure. La langue n’est plus un obstacle. Il est important de faire connaitre les programmes en anglais existant dans nos deux pays ».

Cette amicale et fructueuse rencontre, qui devrait se concrétiser au moyen de réunions de travail visant à développer échanges et partenariats entre l’UTA et les institutions académiques et officielles françaises, s’est terminée par la remise d’un cadeau symbolique de l’université à l’Ambassadeur de France.

Les invités ont ensuite rencontré le Prof. Sharon Hannes, Doyen de la Faculté de Droit, et Dorit Koskas, Adjointe au Doyen, qui leur ont présenté la Faculté et ses programmes. L’accent a été mis sur les programmes internationaux de la Faculté, notamment son partenariat avec Sciences Po, ses programmes exclusifs d’insertion sociale, comme ceux destinés aux Arabes israéliens et aux ultra-orthodoxes, et ses cliniques juridiques et leur impact sur la société israélienne.

La visite s’est ensuite poursuivie à l’Ecole de Film et Télévision Steve Tisch de l’Université, d’où sont issues la plupart des personnalités de l’industrie cinématographique israélienne, qui a été présentée par Eti Tsiko.

Elle a pris fin au Département de culture française, avec une rencontre avec le Prof. Nadine Kuperty-Tsur, qui a présenté les programmes de BA et MA, et le Prof. Ruth Amossy, qui a introduit les programmes de doctorat ainsi que le groupe de recherche doctoral francophone ADARR – Analyse du discours, Argumentation et Rhétorique, commun aux universités de Tel-Aviv et de Bar-Ilan.

 

https://www.ami-universite-telaviv.com/index.php/2013-05-26-08-41-51/actualite-l-universite/1133-l-ambassadeur-de-france-%C3%A0-l-universit%C3%A9-de-tel-aviv

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