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Par (Le Point) : « Malgré son nom de fleur, Nymphéa est de celles qu’on ne remarque pas. « Elle était une fille à qui rien n’arrivait. Jamais. Pas d’embrouilles. Pas d’histoires. Pas de flirt. Une petite vie insignifiante et inoffensive qui venait d’avoir dix-sept ans. » Un jour d’ennui comme un autre, Avishaï, un chanteur ringard, l’insulte dans la boutique où elle vend des glaces pour l’été.

Elle se réfugie dans l’arrière-cour, où il la poursuit. Ses hurlements rameutent tout le quartier et, avant qu’elle n’ait eu le temps d’y penser, voilà l’odieux mais innocent Avishaï inculpé de tentative de viol sur mineure.

Désormais louée pour sa bravoure et courtisée par les médias, Nymphéa s’épanouit – enfin – dans l’imposture… Car c’est ainsi : « Il y a des gens à qui sied la vérité et d’autres que le mensonge embellit. »

Psychologue de formation, l’Israélienne Ayelet Gundar-Goshen sonde les consciences avec dextérité. Elle excelle à décrire comment des âmes de bonne volonté peuvent s’enferrer dans une situation impossible après un seul mauvais choix.

Née en 1982, cette romancière, et militante pacifiste, est l’une des plumes les plus passionnantes de la jeune génération israélienne. Ce troisième roman (après le très remarqué Une nuit, Markovitch et Réveiller les lions) confirme ses talents de conteuse pleine de fantaisie et d’élégance.

Aux côtés de Nymphéa, elle croque une savoureuse galerie de personnages, dont Léo, adolescent maladroit et encombré de lui-même. Mais aussi Raymonde, vieille dame juive venue du Maroc dans sa jeunesse, qui, le temps d’un voyage, prend l’identité de son amie Rivka, survivante des camps. Le problème avec les mensonges, s’amuse Ayelet Gundhar-Goshen, c’est qu’ils s’accrochent et prennent leur envol quoi qu’en disent leurs créateurs. Mais quelle merveilleuse matière à fiction !

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