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Oublié? Enterré? C’était Mardi 25 et mercredi 26 juin 2019. Une conférence à Bahreïn prétendait régler le dossier du conflit israélo-palestinien. Principaux artisans de cette rencontre, les Américains, et en particulier Jared Kushner (conseiller spécial du Donald Trump mais aussi son gendre), ont présenté le volet économique de leur plan de paix doté de 50 mrds$, soit quelque 44 M€. Cette enveloppe, alimentée principalement par les pays arabes, devait permettre de créer un million d’emplois pour les Palestiniens et doubler en dix ans le PIB de l’autorité palestinienne.

LE PLUS. Pour un montant de 24,1 mrds€, de nombreux projets (agriculture, sanitaires, éducatifs, énergétiques, technologiques et même touristiques) participeront à l’essor de l’économie dans les territoires. Au-delà, ces chantiers concerneront également les Palestiniens d’Egypte, de Jordanie et du Liban pour lesquels sont prévus des enveloppes de respectivement 7,9 mrds€, 6,5 mrds€ et 5,5 mrds€.

Bien entendu, avant que cet aspect financier n’entre en jeu, il faudra d’abord réussir à parvenir à un accord politique entre Israéliens et Palestiniens. Ce qui n’est pas à l’ordre du jour. « Nous avons besoin de soutien économique, d’argent et d’aide, mais avant tout, il faut une solution politique« , indiquait dimanche 23 janvier 2019 Mahmoud Abbas. Le président de l’Autorité palestinienne ne veut pas « accepter que l’Amérique transforme cette cause qui est politique en une cause économique.« 

Autre écueil, les Palestiniens, mis à part une petite délégation d’hommes d’affaires, boycottent la manifestation baptisée « De la paix à la prospérité » qui se déroule à Manama la capitale. Le processus de paix se trouve en effet au point mort depuis cinq ans. D’autant plus que les Palestiniens n’ont pas apprécié les derniers actes américains en leur défaveur, comme la reconnaissance de Jérusalem comme capitale israélienne et le déménagement de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem en décembre 2017, puis une coupe concernant plusieurs centaines de millions de dollars d’aides suivie d’un arrêt du financement de l’agence de l’Onu pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). Depuis, les autorités palestiniennes refusent l’intermédiation américaine.

« Les Palestiniens ne renonceront jamais à leurs aspirations à un Etat indépendant en échange de quelques milliards de dollars« , soutient Riyad Al-Malki, chef de la diplomatie palestinienne. Selon lui, « une telle conférence est condamnée à l’échec avant de commencer. » Jared Kushner a déjà fait savoir que la proposition à deux Etats ne figurerait pas dans le plan en cours d’élaboration.

De son coté, Benjamin Netanyahou affirme « ne pas comprendre comment les Palestiniens peuvent rejeter le plan avant même d’avoir pris connaissance de ce qu’il contenait. » Lors d’une interview au New York Times, le premier ministre israélien accuse même la direction palestinienne d’être « corrompue » et « de ne pas être motivée par la construction d’une vie meilleure pour son peuple, mais par la destruction d’Israël.« 


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