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Conséquences du diabète sur l’intestin.

Des chercheuses de Sorbonne Université au sein d’une unité Inserm en collaboration avec une équipe de recherche en Israël* publient un article dans Science sur les conséquences du diabète sur l’intégrité de la barrière intestinale et le risque accrue d’infections entériques. lLe aboratoire d’Eran Elinav du Weizmann Institute of Science est situé à Rehovot (Israël). (Collaboration avec Alexandra Grosfeld et Patricia Serradas, enseignantes-chercheuses de Sorbonne Université (Équipe Leturque «Physiopathologies intestinales : nutrition et fonction de barrière », Sorbonne Université/ Inserm).

Pour la première fois, l’ensemble de ces résultats montre qu’il existe un lien mécanistique entre l’hyperglycémie, la régulation de fonction de barrière intestinale, et les infections systémiques exacerbées au cours de l’obésité et du diabète.

L’obésité, le diabète et leurs co-morbidités sont associés à un risque encore mal décrypté d’infection accrue au niveau de la muqueuse intestinale. Ce travail de recherche montre, à l’aide de différents modèles murins d’obésité et de diabète, que l’hyperglycémie modifie l’intégrité de l’épithélium intestinal. Il n’existait jusqu’alors aucune preuve que l’hyperglycémie seule, indépendamment de l’obésité, entrainait une perturbation de la barrière intestinale.

https://www.sorbonne-universite.fr/newsroom/presse/les-consequences-du-diabete-sur-lintestin

LE PLUS.

Le laboratoire d’Elinav étudie le microbiome, l’écosystème microbien immense qui réside dans l’intestin des mammifères et dans d’autres surfaces muqueuses.

Cette communauté microbienne est dominée par les bactéries, mais inclut aussi les archéobactéries, les eucaryotes et les virus. Le groupe d’Elinav vise à décoder comment le vaste répertoire du microbiome fonctionne de façon à avantager l’hôte. Le microbiome intestinal est formé et régulé par de multiples facteurs, y compris notre composition génomique, l’environnement intestinal local et de nombreux facteurs environnementaux, comme notre répertoire nutritionnel et l’emplacement biogéographique. Le système immunitaire muqueux, à titre d’exemple, coévolue avec le microbiome depuis la naissance et interagit étroitement avec celui-ci par de multiples mécanismes qui nous échappent encore. Fait important, il a été souligné récemment que le dérèglement d’un certain nombre de facteurs génétiques ou environnementaux mène à des interactions hôte-microbiomme anormales et peut prédisposer l’hôte à diverses maladies, comme l’inflammation chronique, l’obésité, un syndrome métabolique ou le cancer.

Le laboratoire d’Elinav a cerné divers mécanismes importants qui participent à la régulation réciproque entre l’hôte et le microbiome intestinal, et a démontré que la perturbation de ces facteurs mène à la dysbiose et à une sensibilité à des maladies multifactorielles courantes chez la souris et l’humain. Une meilleure compréhension du fondement moléculaire des interactions hôte-microbiome pourrait mener à la mise au point de nouveaux traitements qui ciblent le microbiome.

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