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Ancien ministre de l’éducation, de 2009 à 2013, puis de l’intérieur, en 2013 et 2014, au sein de gouvernements dirigés par Benyamin Netanyahou, le député du Likoud Gideon Sa’ar est sorti du bois après la mise en examen, jeudi 21 novembre, du chef de son parti pour « corruption », « fraude » et « abus de confiance ». Politicien aguerri, populaire parmi les 130 000 membres de la formation, il se pose désormais en rival de Netanyahou, le sommant d’autoriser la tenue de primaires pour fixer la liste des candidats au parlement et leur chef de file. « Nos adversaires sont en passe de ravir le pouvoir, a-t-il lancé, dimanche. (https://www.la-croix.com)

Selon i24News : « Des centaines de manifestants se sont rassemblés samedi soir à Jérusalem et Tel Aviv pour montrer leur soutien ou leur opposition à Benyamin Netanyahou. Dès vendredi soir, ils étaient des dizaines devant la résidence officielle du Premier ministre sortant avec d’un côté ceux qui le soutiennent et dénoncent un coup d’Etat et de l’autre ses opposants.  « Nous manifestons ici pour soutenir Bibi contre cette injustice. La plupart des gauchistes pense contrôler les tribunaux et être au-dessus des lois, mais ils ne le sont pas, donc ils essaient d’abattre la droite en Israël », a déclaré un manifestant.  A Tel Aviv, un rassemblement s’est également tenu sur la place Habima, où les pro et anti-Netanyahou se sont retrouvés ».

LES ECHOS. Catherine Dupeyron, à Jérusalem (Copyrights). Dimanche matin, les quotidiens Israël « Hayom » et « Yediot Aharonot » titraient respectivement « Ca chauffe pour la bataille des primaires au Likoud » et « La révolte » surmontée des photos de Benyamin Netanyahou et de Guidéon Saar. Ce dernier est le seul, pour le moment, à être officiellement candidat à la tête du Likoud. Il appelle à des primaires « pour que le Likoud conserve le pouvoir » et à mettre fin à « cette crise folle qui paralyse le pays depuis un an ».

Guidéon Saar a également qualifié « d’irresponsable » le propos de Benyamin Netanyahou, qui se présente comme la victime d’un complot  après son inculpation, jeudi soir, pour corruption et abus de confiance. D’autres membres du Likoud commencent à prendre leur distances de Benyamin Netanyahou, comme Nir Barkat, l’ancien maire de Jérusalem, ou d’autres qui font des déclarations anonymes.

Quant à  Benny Gantz, chef du mouvement Bleu-Blanc, il s’est montré plus offensif, samedi soir, lors d’une conférence de presse. Le ton ferme, l’index régulièrement pointé sur le pupitre, il a martelé plusieurs messages : la nécessité de guérir la société israélienne de l’incitation à la haine et au racisme ; le retrait de Benyamin Netanyahou de la vie politique tant qu’il ne sera pas disculpé ; le  refus d’un troisième tour électoral et l’appel à un un gouvernement d’Union nationale avec le Likoud. Il a aussi rappelé l’époque où Netanyahou avait appelé jadis Ehoud Olmert à démissionner en expliquant alors qu’un « Premier ministre qui est englué jusqu’au cou dans des enquêtes risque de prendre des décisions inspirées par son instinct de survie politique et non par l’intérêt national. » L’intéressé avait démissionné en septembre 2008, dès que la police avait recommandé son inculpation.

La société civile montre au créneau

La société civile se mobilise aussi. Le « Mouvement pour un Gouvernement de Qualité en Israël » a déposé la première plainte devant la Cour Suprême, demandant la destitution du Premier ministre. D’autres requêtes devraient suivre. Cette ONG a également appelé à manifester à Tel Aviv, le week-end prochain, pour réclamer le départ de Benyamin Netanyahou. Ce samedi soir, les « pro » et les « anti » Bibi s’étaient déjà rassemblés à Tel Aviv et Jérusalem. D’après un premier sondage réalisé depuis la mise en examen de Benyamin Netanyahou, 56 % des Israéliens sont favorables à sa démission, contre 35 %. Par ailleurs, en cas de troisième tour électoral, les résultats seraient quasi-identiques à ceux de septembre et avril derniers. Le chef du Gouvernement, lui, fait comme si de rien n’était. Dimanche matin, en conseil des ministres, l’ordre du jour a été respecté à la lettre sans que un mot n’ait été dit sur son affaire et son destin.

Catherine Dupeyron, à Jérusalem

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