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Israël est un petit pays, peuplé de neuf millions d’habitant·es, sans ressources naturelles et entouré de voisins avec qui les relations sont souvent conflictuelles. C’est pourtant ce même pays qui est à l’origine de succès technologiques mondiaux: le système de cartographie Waze, la plateforme de travail free-lance Fiverr ou la compagnie d’assurance Lemonade, pour n’en citer que trois. Business Insider s’est entretenu avec quatres entrepreneurs et entrepreneuses israéliennes pour comprendre les raisons d’un tel succès.

Arik Shtilman est le fondateur et PDG de la start-up Rapyd, un réseau pour faciliter les paiements locaux et internationaux. Il estime qu’Israël s’apparente à une «start-up qui devrait échouer mais qui est devenue l’une des nations les plus riches du monde».  Ce «rêve impossible» désormais réalité est, selon l’entrepreneur, le fruit d’une mentalité spécifique aux Israélien·nes.

Un mental d’acier (et de technologies)

Trois raisons principales sont évoquées pour justifier ce succès. La première tient à l’armée israélienne et au service militaire obligatoire.
Passage obligatoire de deux années pour la jeunesse, l’armée est «une expérience qui change la vie», selon Arik Shtilman, où «on apprend deux choses, premièrement que tout est possible et deuxièmement qu’il n’y a que deux cas: je ne peux pas le faire ou je ne veux pas le faire».
Shachar Bialick, PDG et fondateur de la start-up financière londonienne Curve, partage ce point de vue.
Il se remémore des marches de plus de 60 kilomètres avec des sacs de 40 kilos sur le dos.
Cela lui semblait impossible à première vue, mais il a fini par y arriver.
«Le courage dont vous avez besoin pour traverser ces années et cette aventure est le même que celui dont vous avez besoin pour réussir en tant qu’entrepreneur –là où les autres voient des murs, nous voyons quelque chose à surmonter.»
En plus de forger une mentalité d’acier, l’armée israélienne est l’endroit idéal pour apprendre à développer et maîtriser de nouvelles technologies.
Gil Dibner, fondateur d’Angular Ventures, un fonds d’investissement spécialisé dans les start-ups israéliennes et européennes, reconnaît que l’armée «aide au réseautage, à l’esprit d’équipe et à la résolution de problèmes».
Il ajoute que, contrairement à l’immense majorité des gens, les jeunes Israélien·nes ont déjà dû faire face à «d’énormes problèmes techniques à grande échelle» avant même d’avoir commencé d’éventuelles études supérieures.

Une culture de l’entrepreneuriat

La deuxième raison du succès israélien tiendrait à une culture qui favorise et nourrit une plus grande confiance chez les individus.
Shai Wininger, cofondatrice de la start-up et licorne de l’assurance Lemonade, affirme que «notre superpuissance en tant qu’Israéliens est notre confiance en nous-mêmes».
«La culture israélienne est très axée sur l’esprit d’entreprise», ajoute Yoni Assia, cofondateur et PDG de l’application de trading eToro.
«Ne pas se conformer à l’autorité et être son propre patron est une chose très importante, les Israéliens ont un appétit pour le risque élevé comparé aux autres cultures.»

Un soutien économique à l’innovation

Enfin, le troisième aspect de ce succès est lié à l’écosystème israélien de soutien aux nouveaux entrepreneurs.
Fondée sur le mantra «d’une nation en démarrage à une nation en expansion», l’expansion technologique et entrepreneuriale d’Israël et de sa Silicon Wadi (vallée en arabe) remonte à 1998, lorsque AOL a acquis la messagerie instantanée ICQ/Mirabilis.
La maîtrise technologique d’Israël commence à être reconnue.
Mais ses têtes pensantes et ses entrepreneurs ont souvent, par le passé, dû déménager aux États-Unis ou en Grande-Bretagne pour réussir.
Aujourd’hui, la situation est différente selon Yoni Assia: il est à l’inverse plus simple de recruter des talents à l’étranger, grâce à la visioconférence.
Les fonds d’investissement et de capitaux américains sont aussi rassurés par l’expérience des start-ups israéliennes, d’où une plus grande disposition à investir dans leurs projets.
Cela finit par atteindre le reste de la société israélienne, qui valorise la culture de l’innovation et la mentalité qui va avec.
Du côté du gouvernement, 4% de son budget est consacré à la recherche et au développement, selon Statista, soit le deuxième plus élevé au monde.
De quoi donner naissance à de nombreuses autres licornes.

Source Slate

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