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Très belle histoire. Homme merveilleux. Il est décédé à Cahors en 2007 : son corps a été déposé aux pompes funèbres de Montauban où le rabbin ainsi que des membres de la communauté sollicités par la famille lui ont lu le kaddich selon sa volonté, entouré de son épouse et de ses enfants. Le lendemain matin Il a été transporté et enterré à Paris.
Pendant plus de 60 ans, le talent exceptionnel pour le mime de Marcel Marceau a diverti des assemblées entières autour du monde. Il a aussi sauvé des centaines d’enfants Juifs pendant la Shoah. Né dans une famille Juive à Strasbourg en 1923, le jeune Marcel Mangel a découvert Charlie Chaplin à 5 ans et est devenu un fan inconditionnel. Il amusait ses amis en imitant Chaplin et rêvait d’être acteur du cinéma muet.
Quand Marcel avait 16 ans, les nazis ont envahi la France et les Juifs de Strasbourg (ville proche de la frontière allemande) ont dû s’enfuir pour sauver leurs vies. Marcel changea alors son nom pour celui de Marceau afin que son identité Juive ne soit pas connue, et entra dans la résistance Française.
Il fit évacuer un orphelinat Juif de l’Est de la France en se faisant passer pour scout : il raconta aux enfants qu’il les emmenait en vacances dans les Alpes et les mis en sécurité en Suisse. Marcel répéta cette opération périlleuse à 3 reprises et sauva ainsi des centaines d’enfants Juifs. Il réussit à éviter d’être repéré en enseignant aux enfants le mime silencieux.
Le réalisateur de documentaires, Philippe Mora, dont le père combattit aux côtés de Marcel dans les rangs de la Résistance Française racontait « Marceau commença à mimer pour que les enfants demeurent silencieux pendant qu’ils s’échappaient. Cela n’avait rien à voir avec du show-business.  Il mimait pour sauver sa vie ».
Le père de Marcel décéda à Auschwitz et Marcel déclara plus tard « Les gens  qui sont revenus des camps n’ont jamais réussi à en parler. Mon nom est Mangel. Je suis Juif. Peut-être est ce que, inconsciemment, cela a déterminé mon choix du silence… »
Alors qu’il se combattait dans la Résistance, Marcel se trouva nez à nez  avec une unité de soldats allemands. Réfléchissant rapidement, il mima l’avancée d’une impressionnante force Française, et les soldats allemands battirent  en retraite. La réputation sur l’impressionnant talent de Marcel comme mime se répandit au sein des forces Alliées.
Pour sa première grande représentation, il  joua devant 3000 soldats américains après la libération de Paris en août 1944. Plus tard, il raconta la grande fierté que lui avait procuré la publication du 1er article le concernant dans le journal de l’Armée
Américaine Stars and Strippes (Des Etoiles et des Rayures).
En 1947, Marcel imagina son fameux personnage Bip, un Monsieur-tout-le-monde enfantin avec un chapeau haut-de-forme et un visage rougeaud. Pendant les 60 années suivantes, Marcel a été le plus grand  Maître du silence au monde. Le King of Pop Michael Jackson a attribué à Marcel l’inspiration de son fameux Moonwalk.
En 2001, Marcel reçut la Médaille Wallenberg pour ses actes de bravoure pendant la Shoah. A l’annonce de cette distinction, les gens s’interrogèrent sur un éventuel discours de remerciements. Il répondit « Ne demandez  jamais à un Mime de parler car il ne cesserait plus ». Jusqu’à son décès à l’âge de 84 ans, Marcel joua 300 fois par an et enseigna 4 heures par jour dans son école du Mime à Paris. Il décéda le jour de Yom Kippour en 2007. Pour avoir risqué sa vie pour sauver des orphelins, et diverti des générations de fans sans dire un mot, rendons hommage à Monsieur Marcel Marceau.
(Copyrights. Nous avons reçu ce texte de Victor N. que nous remercions)
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