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Le 31 octobre 2008 naissait le bitcoin, la première monnaie virtuelle décentralisée. Dix ans plus tard, la principale cryptomonnaie nourrit un complexe écosystème mais peine toujours à convaincre dans la sphère économique. En Israël les autorités de régulation ont laissé le bitcoin poursuivre sa route. Plus de 3000 personnes font partie en Israël de l’écosystème Bitcoin. La startup Bits of Gold basée à Tel-Aviv, managée par Youval Rouach est toujours le leader incontesté des transactions sur le marché israélien.

Selon un article récent de (Copyrights) : « Israël est sans doute l’un des États au monde où l’écosystème crypto est le plus développé. Et pour cause, la « start-up nation » est à la pointe en matière d’innovation. Après la cybersécurité et les fintechs, l’« État juif » s’est ainsi emparé avec véhémence des technologies blockchain. Déjà, plusieurs centaines de bars et restaurants y acceptent les paiements en crypto-actifs et des dizaine d’entreprises se sont développées pour surfer ou servir la vague crypto.

Mais il suffit de discuter quelques heures avec ceux qui fréquentent l’ambassade Bitcoin de Tel Aviv pour comprendre que les vraies racines de l’engouement israélien pour les crypto-actifs sont plus profondes qu’il ne pourrait le sembler. Ces habitués sont jeunes et pour la plupart à peine sortis du service militaire. Ils sont triplement désabusés : d’abord par ce qu’ils ont vécu durant leurs deux années de service militaire ; ensuite par une situation politique qu’ils jugent délétère et, finalement, par la bulle immobilière cumulée à la situation financière du pays qu’ils ressentent de plus. Mais l’idéologie sous-jacente à Bitcoin reste forte : elle est le ciment de la communauté crypto israélienne qui vit au gré des hausses et baisses des cours. Elle explique notamment l’essor des crypto-valeurs à Tel Aviv (distributeurs de Bitcoin, jetons digitaux permettant d’accéder à des prix réduits, etc) ».

LE PLUS. Selon Challenges : « Dès sa première évocation en 2008, le bitcoin porte une vision politique. Apparu dans un livre blanc écrit par Satoshi Nakamoto, un pseudonyme dont l’identité derrière reste inconnue, l’objectif affiché est d’utiliser un système de registre décentralisé, la « blockchain », pour « effectuer des paiements en ligne directement d’un tiers à un autre sans passer par une institution financière ».

Cette ambition est alors nourrie par la faillite de la banque Lehman Brothers, survenue un mois plus tôt, qui a jeté le discrédit sur les « monnaies traditionnelles où une petite élite de banquiers s’enrichit beaucoup, établit les règles monétaires et les impose à tout le monde », souligne Pierre Noizat, qui a fondé la première plateforme française d’échange de bitcoins en 2011.

Après sa création, le bitcoin évolue pendant plusieurs années hors des radars du grand public, n’intéressant guère que les geeks ou les blanchisseurs d’argent sale. En 2013, le bitcoin qui ne valait quasi-rien au départ dépasse pourtant les 1.000 dollars et commence à attirer l’attention des institutions financières. La Banque centrale européenne évoque un dangereux fonctionnement à la « Ponzi », quand le patron de l’époque de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, salue à l’inverse son potentiel ».

DANS CHALLENGES. LE PLUS.

Le bitcoin évolue fin mars autour de 8.000 dollars selon les prix compilés par Bloomberg, contre 19.511 dollars fin décembre. Les analystes de Morgan Stanley ont souligné dans une note publiée début mars que les aléas du bitcoin reproduisent fidèlement le cycle de la bulle financière sur les valeurs technologiques de 2000, « sauf qu’il se produit 15 fois plus rapidement », précisent-ils.

Depuis son lancement en 2009, la cryptomonnaie a toutefois déjà perdu environ 90% de sa valeur à deux reprises, en 2011 et en 2015, avant de repartir de plus belle. « Je ne serais pas surpris si les prix tombaient à 5.000 dollars ou remontaient à 10.000 dollars », a résumé Craig Erlam, analyste pour Oanda, le marché demeurant extrêmement volatile. Il estime cependant que les niveaux atteints en décembre ne seront pas revus de sitôt. Dans un marché qui reste instable, les observateurs peinent à expliquer la baisse, même si certains font le lien avec des réglementations plus sévères. Les gendarmes financiers des plus grands marchés du bitcoin, la FSA au Japon et le SEC aux Etats-Unis, ont multiplié les mises en garde et les actions contre les plateformes d’échanges.

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