Partager
Nathalie Sosna-Ofir  : « C’était il y a quelques jours le 25ème anniversaire de la signature de l’accord de paix entre Israël et la Jordanie mais ni cérémonie officielle ni ballons alors que plusieurs milliers sont lancés ce 26 octobre1994 après que les 1ers ministres israélien et jordanien signent ce traité qui met fin à plusieurs décennies de guerre et qu’Itshak Rabin et le Roi Hussein fument enfin le calumet de la paix.

Mais cette paix est très fragile. Les jordaniens considèrent toujours Israël comme l’ennemi et rien à attendre tant que le conflit israélo palestinien ne sera pas solutionné. N’oublions pas que la moitié de la population jordanienne est d’origine palestinienne. Une paix devenue de plus en plus froide depuis l’arrivée de Netanyahu arrive à la tête du gouvernement il y a plus d’une décennie considéré comme plus radical et menant, aux dires des jordaniens, une politique religieuse ultranationaliste.

Les Jordaniens dénoncent aussi le non-respect de la protection jordanienne sur les lieux de culte musulmans à Jérusalem, notamment l’Esplanade des Mosquées. Et les tentatives récurrentes de judaïser la capitale. Le Roi Abdallah II de Jordanie a lui-même plusieurs fois qualifié la paix avec l’état hébreu de paix de plus en plus froide et indiqué que Jérusalem était la ligne rouge à ne pas franchir. Mais aussi la Vallée du Jourdain. Au moment où il y a quelques semaines Benjamin Netanyahu déclare son intention, s’il était réélu, d’appliquer la souveraineté israélienne sur la vallée du Jourdain, le souverain hachémite dénonce une mesure qui affectera les relations entre Jérusalem et Aman.

Autre point de friction, la décision du Roi de ne pas prolonger le contrôle accordé à Israël sur deux zones frontalières, Bakoura et Ghoumar. Une disposition prévue dans une annexe du traité de paix qui prévoit de mettre gratuitement à la disposition des fermiers israéliens ces zones pour 25 ans et qui expire le 10 novembre. Une façon pour le Roi de protester contre la politique de Jérusalem et Washington qui s’éloigne de la solution à 2 états et de séduire la rue jordanienne ».

Nathalie Sosna-Ofir
Partager