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C’est une restitution symbolique qui a eu lieu le 27 septembre à la chancellerie allemande. Quatre gravures et dessins, signés Charles Dominique Joseph Eisen, Augustin de Saint-Aubin et Anne Vallayer-Coster, ont été rendus aux descendants de la famille industrielle juive française Deutsch de la Meurthe.

Le parcours des quatre œuvres reste nimbé de mystère. Spoliées par les Allemands, elles se sont retrouvées entre les mains du collectionneur Hildebrand Gurlitt qui travaillait pour les nazis ; une partie de son trésor a été découverte en 2012 chez son fils, à Munich. « Nous savons qu’elles ont ensuite fait partie du lot de 18 tableaux donnés par Gurlitt à sa fille », indique Diego Gradis. Cette restitution a été rendue possible par l’acte inattendu de leur dernier propriétaire qui « les a déposées dans un commissariat de police », précise encore Diego Gradis. Elles ont ensuite été confiées à la Fondation pour l’art perdu, fondée en 2015 et chargée de faire la lumière sur l’origine du trésor de Hildebrand Gurlitt.

 « Cette restitution ne peut réparer l’injustice subie par la famille Deutsch de la Meurthe mais il est exemplaire que des particuliers appliquent les principes de la conférence de Washington et soient prêts à restituer les œuvres pillées par les nazis », a déclaré la ministre allemande de la culture et des médias Monika Grütters. Ces principes ne s’appliquent en effet qu’aux États et n’offrent aucun moyen juridique de contraindre les collectionneurs à rendre des œuvres spoliées. Diego Gradis souhaite désormais que ces œuvres « parcourent le monde pour raconter leur histoire et le travail exemplaire réalisé par l’Allemagne ».

Source : La Croix & Israël Valley

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