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Le boom économique en Israël et le chômage chronique en Cisjordanie poussent des milliers d’ouvriers palestiniens à travailler en Israël. Leur nombre a doublé en cinq ans.

« Les gouvernements israéliens changent et nous continuerons d’aller travailler, avec ou sans permis », déclare Naji Mohamed, 58 ans, ouvrier dans la construction en Israël. Naji travaille de l’autre côté depuis 20 ans. Autour de lui, au point de passage de Nilin, à l’ouest de Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne, des vendeurs ambulants proposent légumes et vêtements aux travailleurs palestiniens qui rentrent chez eux après une dure journée de labeur.

En 2015, quand Benjamin Netanyahu forme le gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël, environ 45.000 Palestiniens détenaient des permis de travail. Quatre ans plus tard, ils sont 85.000 avec ce précieux sésame, selon les données palestiniennes. Auxquels s’ajoutent des dizaines de milliers d’autres qui traversent illégalement pour louer leurs bras aux Israéliens.

Des responsables israéliens n’ont pas commenté ces chiffres mais assuré à l’AFP que le nombre de permis accordés aux Palestiniens avait bondi de 160% depuis 2012. Une croissance due en partie au boom de l’économie israélienne, qui, avec un taux de chômage actuellement sous la barre des 4%, a besoin de main d’oeuvre, notamment dans le secteur de la construction.

Les Palestiniens gagnent entre 70 et 100 dollars par jour contre 20 à 30 dollars dans des entreprises palestiniennes, affirment des travailleurs palestiniens interrogés par l’AFP. Une source de revenus appréciable pour l’économie palestinienne, en berne avec un taux de chômage avoisinant les 30%, dont environ 18% en Cisjordanie, selon les données officielles.

Selon un responsable sécuritaire israélien interrogé par l’AFP, Israël a investi 300 millions de shekels (77 millions d’euros) au cours des dernières années pour rénover les checkpoints. Résultat: les temps d’attente ont été considérablement réduits, selon lui, évoquant un passage qui se fait désormais en « quelques minutes ». Mais des travailleurs déplorent souvent des délais plus longs.Ca reste « gagnant-gagnant pour les deux parties », estime ce responsable, pour qui les salaires des Palestiniens rapportés d’Israël aident l’économie et contribuent au calme en Cisjordanie.

 

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