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La société Louvre Hotels Group, filiale française du géant chinois Jin Jiang International, numéro deux mondial de l’hôtellerie, vient de signer un contrat de gestion de deux établissements à Damas, capitale d’un pays encore en guerre, largement en ruine et sous sanctions internationales.

La compagnie hôtelière fondée par la famille Taittinger en 1976 et à la tête d’un portefeuille de 1 500 hôtels, comprenant aussi bien des marques low cost, comme Première Classe, que luxueuses, comme Royal Tulip, opérera désormais le Semiramis et le Hayat, deux confortables adresses de la capitale syrienne.

Le contrat a été signé avec la société privée Nazha Investments Group, chargée de la rénovation des deux établissements, fermés depuis plusieurs années. Leur réouverture est prévue au printemps 2020, sous le nom de Royal Tulip Semiramis, un cinq-étoiles, et Golden Tulip Mazzeh, un quatre-étoiles.

Ce faisant, Louvre Hotels Group devient le premier opérateur hôtelier occidental à s’établir en Syrie depuis 2011, date du début de la révolte contre le régime de Bachar Al-Assad. Selon The Syria Report, la compagnie, dont le siège est à Paris, sera même la seule entité occidentale à travailler dans ce domaine dans le pays.

La dégradation du soulèvement initial en une atroce guerre civile, qui a fait entre 300 000 et 500 000 morts et fait perdre au pays les trois quarts de son produit intérieur brut (PIB), comme les menaces de sanctions, européennes et américaines, pesant sur tout entrepreneur en relation avec des personnalités et des entreprises liées au régime avaient fait fuir les grands noms de l’hôtellerie.

Starwood Hotels avait ainsi rompu ses liens avec les deux établissements de Damas et Alep qui utilisent la marque Sheraton, de peur de se retrouver dans le collimateur du Trésor américain. Ce fut aussi le cas de la chaîne américaine Four Seasons, dont le nom ornait depuis 2005 le fronton du plus opulent des palaces de Damas et qui a brusquement plié bagage en juin.

La société hôtelière assure que le contrat qu’elle a conclu « respecte strictement le droit international et toutes les directives internationales concernant la Syrie .

Sa décision d’ouvrir deux nouvelles enseignes à Damas, citadelle d’un régime ostracisé pour ses violations des droits de l’homme commises à échelle industrielle, n’en reste pas moins un pari périlleux, aussi bien pour son image que pour sa rentabilité. A rebours de la stabilisation promise par le pouvoir syrien, qui a reconquis ces dernières années l’essentiel du territoire accaparé par la rébellion, l’économie du pays ne cesse de sombrer, avec notamment l’effondrement de la livre syrienne.

Selon les autorités locales, en 2018, la Syrie a accueilli 1,8 million de « visiteurs » étrangers. Un terme fourre-tout, qui17 englobe aussi bien les touristes que les hommes d’affaires, ou les Libanais venant se faire soigner à bas prix. En 2010, à la veille de la descente aux enfers de la Syrie, à l’époque où le tourisme était florissant, le nombre de visiteurs était évalué à 8,5 millions.

Source : Le Monde

 

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