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A l’annonce de la mort de Jacques Chirac, Haïm Korsia, grand Rabbin de France a fait une déclaration «Nous sommes tous aujourd’hui orphelins. Jacques Chirac fut un grand homme, un grand Français, un grand homme d’Etat, pour lequel j’avais une affection toute particulière et une amitié respectueuse. Je garderai précieusement en mémoire sa curiosité pour le monde, sa connaissance du judaïsme et son goût pour l’art, pour tous les arts, tout comme son incroyable courage et sa vision pour faire progresser le pays, notamment lorsqu’il a reconnu la responsabilité de la France dans la rafle du Vel d’Hiv ou quand il a rendu aux Justes la place qu’ils méritaient, dans la crypte du Panthéon.  »Souviens-toi, n’oublie rien », avait-il déclaré en hébreu en rendant hommage à Ilan Halimi. Nous nous souviendrons toujours du président Chirac et n’oublierons jamais le chemin qu’il a tracé pour la France».

Dans sa dernière allocution télévisée, en 2007, Jacques Chirac avait continué de dénoncer l’extrême droite. «Ne composez jamais avec le racisme, l’extrémisme, l’antisémitisme ou le rejet de l’autre[…]. C’est un poison, il divise, il pervertit, il détruit.»

Dans son livre, « Chirac, la vie d’après », le journaliste Bruno Dive a détaillé les rapports entre celui qui fut président de la République de 1995 à 2007 et l’actuel Grand Rabbin de France, Haïm Korsia.

« Avec le rabbin Haïm Korsia, il a de longues discussions philosophiques. Jacques Chirac n’ose plus appeler “rabbinou” celui qu’il connaît depuis la fin des années 70, mais qui est devenu en 2013 le nouveau grand rabbin de France. L’ancien président a toujours eu le respect des grades et des hiérarchies. “Il a une bonne connaissance du judaïsme, assure Haïm Korsia. Les cultures qui transmettent le passionnent.” Chirac aime à dire : “Quand les juifs arrivent quelque part, ils construisent une école ; quand les catholiques s’installent quelque part, ils construisent une église. Je préfère les premiers.” Encore un beau sujet de discussion et de conflit avec son épouse ! “Vous n’allez pas vous convertir au judaïsme, au moins”, lui lance un jour Bernadette Chirac. Laquelle s’est efforcée d’éloigner le rabbin de son grand homme. Alors c’est chez lui, chez Haïm Korsia, que Jacques Chirac se rend parfois, en secret, le samedi après-midi. »

 

 

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