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La Philharmonie de Paris accueille le grand chef indien pour sa dernière tournée à la tête de l’Orchestre philharmonique d’Israël. Zubin Mehta a notamment contribué à enrichir le rapport particulier qu’entretient le pays avec la mémoire, promouvant de nombreux créateurs israéliens, multipliant les propositions programmatiques, favorisant l’enseignement musical.

Revenons sur l’histoire de l’orchestre qu’il dirige depuis plus de 40 ans.

Premières décennie (1936 – 1946)

Le 26 décembre 1936, le Palestine Orchestra était né. Le grand violoniste et musicien juif d’origine polonaise Bronislaw Huberman, qui pressentait la Shoah, a persuadé 75 musiciens juifs des grands orchestres européens d’immigrer en Palestine, créant ce qu’il a appelé la « matérialisation de la culture sioniste dans la patrie » sur les dunes de sable de Tel-Aviv. Huberman a invité le plus grand chef d’orchestre du moment, Arturo Toscanini, à diriger le concert d’ouverture présenté à la foire du Levant à Tel-Aviv le 26 décembre 1936. Toscanini a abandonné son célèbre orchestre NBC pendant plusieurs semaines « pour prêter un soin paternel au nouveau-né ». Le grand Maestro, qui avait auparavant échappé à l’ascension du fascisme dans son pays d’origine, l’Italie, a déclaré: » Je le fais pour l’humanité …  »

À l’époque des accords d’Oslo, l’orchestre salua les meilleurs artistes et interprètes israéliens, Moshe Wilensky, Sasha Argov, Naomi Shemer, Nurit Hirsch, Esther Ofarim et Yoni Rechter, lors de concerts spéciaux. Des enregistrements best-sellers mettant en vedette l’orchestre accompagnant les artistes israéliens comme Achinoam Nini, David D’Or et Yehudit Ravitz, apparrent aux côtés d’artistes au son « méditerranéen » comme les grecs Dalares et Glikeria.

Zubin Mehta fut invité à diriger l’Orchestre philharmonique d’Israël lors d’un concert historique réunissant des enfants palestiniens et juifs dans la salle de concert.

Les membres de l’orchestre se partagèrent entre Bethléem au sein de l’Autorité palestinienne et Beit Shemesh, une ville typique israélienne, afin de préparer 500 jeunes pour un concert avec orchestre. Trouver un « territoire neutre » pour les enfants de Deheshe, un camp de réfugiés, et de Beit Shemesh n’a fut pas une tâche facile.

Zubin Mehta  leva finalement sa baguette pour la Septième Symphonie de Beethoven au YMCA de Jérusalem, où 500 enfants vécurent une expérience inoubliable. Cet événement stimula l’imagination des amis américains de l’Orchestre philharmonique d’Israël et, en quelques mois, fut créé « Keynote », le département de formation de l’orchestre. Grâce à leur soutien, le programme Keynote continua de se développer et accueille 20 000 jeunes chaque année, de la maternelle à l’université.

Ces jours heureux allaient bientôt se terminer. Avec le déclenchement de la deuxième intifada, des annulations de dernière minute menaçaient chaque concert. Les artistes étrangers, effrayés par les kamikazes et les informations alarmantes dans la presse, abandonnèrent l’orchestre et le public israélien au moment où leur engagement était le plus nécessaire. Le public de l’Orchestre philharmonique d’Israël réagit en faisant preuve d’une loyauté sans faille et en remplissant chaque soir l’auditorium Mann.

De nouveaux amis furent trouvés: Valery Gergiev, Fazil Say, George Pehlivanian, Gustavo Dudamel, Joshua Bell, Maxim Vengerov et Lang Lang. De nombreux artistes chevronnés n’annulèrent jamais leur participation: Kurt Masur, Yoel Levi, Daniel Oren, Rafael Frunbeck de Burgos et, bien sûr, le maestro Mehta. Au début du nouveau millénaire, l’Orchestre philharmonique d’Israël commença à se réinventer. De nouvelles séries furent créées presque chaque saison afin de présenter au public un produit plus attrayant: « Jeans », un concert informel de fin de soirée.

Maestro Mehta, qui pendant cette décennie était également directeur artistique du Bayerische Staatsoper, créa un pont précieux avec l’Université de Tel-Aviv en fondant l’école de musique Buchmann-Mehta, une académie dans laquelle les principaux musiciens du Philharmonique entraînent les musiciens de demain.

Huitième décennie (2007 – 2016)

La huitième décennie de l’Orchestre philharmonique d’Israël commença avec les célébrations du 70e anniversaire de l’orchestre: trois semaines de concerts festifs au Heichal Hatarbut à Tel-Aviv, une fête rassemblant un public de 24 000 fans de musique! Des artistes et amis de la fondation de l’Orchestre philharmonique en Israël et dans le monde entier participèrent à des événements post-concert dans le hall supérieur.

L’orchestre et le maestro Mehta furent honorés lors de leur visite à la Knesset avant le concert de gala de l’Orchestre philharmonique d’Israël à Jérusalem. Pour rendre un hommage particulier aux fondateurs de l’orchestre, les descendants des 65 premiers membres de l’Orchestre symphonique de la Palestine de Bronislaw Huberman furent invités au Heichal Hatarbut.

Parmi les artistes et invités qui prirent part aux célébrations du 70e anniversaire de l’orchestre ainsi que des célébrations du 75e anniversaire figurent Valery Gergiev, Daniel Barenboim, Radu Lupu, Pinchas Zukerman, Gil Shaham, Gustavo Dudamel, Evgeny Kissin, Kurt Masur et son fils Ken-David Mischa Maisky, Christoph von Dohnanyi, Yefim Bronfman, Maxim Vengerov, Murray Perahia et Yuja Wang.

https://mailchi.mp/f602e533d8e1/focus-histoire-de-lorchestre-philharmonique-disral?fbclid=IwAR18tOVNlpPh9J7PgRg4TWM2ZuNSP8PqF5jsNRNF2WKMSRSVBpu5APfX7yM

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