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EDITORIAL. C’est un fait. Les chiffres de la Alyah de France démontrent d’une certaine stagnation, voire une baisse du nombre d’immigrants. Mais un facteur reste positif aux yeux des israéliens. La qualité des immigrants scientifiques et universitaires qui quittent la France impressionne de plus en plus les employeurs.

Certains Instituts, comme le Weizmann Institute, ouvrent leurs portes à des ténors reconnus dans le monde entier. IsraelValley, dans le cadre d’une délégation de la CCFI qui était en Israël, a eu l’occasion de rencontrer le Professeur Victor Malka, « maestro des rayons lasers ». Ce physicien qui fait surfer les électrons dans le sillage des faisceaux lasers a émigré en Israël, à l’Institut Weizmann, où on lui donne carte blanche. Des scientifiques et ingénieurs (34 de l’X Ecole polytechnique, peu de pays de la taille d ‘Israël en ont autant) arrivent où sont dans le pays avec leurs familles. (DR)

Les chiffres montrent que la plupart des immigrants juifs de France viennent de Paris, et arrivent à Netanya qui a intégré plus de 15000 immigrants, Jérusalem vient en 2e position, puis Tel Aviv, Ashdod, Raanana et Ashkelon. Il s’agit d’une immigration jeune relativement, puisqu’un tiers est en âge de scolarisation, un tiers de jeunes et un tiers de gens âgés. 70% d’entre eux ont le bac ou ont été à l’université. Selon leurs témoignages, pour 22% d’entre eux ils savaient depuis toujours qu’ils voulaient venir en Israël. 32,5% le savaient de puis longtemps avant leur immigration, ce qui souligne l’identité sioniste acquise très tôt chez une partie d’entre eux.

L’un des meilleurs chirurgiens de greffe du foie au monde a récemment immigré depuis la France en Israël, où il a rejoint le personnel du Centre Médical Sheba à Ramat Gan. Le Dr Daniel Azoulay a été chirurgien en chef à l’hôpital Paul Brousse à Villejuif pendant 22 ans avant de s’installer en Israël. En 2012, il s’est rendu de France en Biélorussie pour effectuer une greffe du foie sur l’ancien chef du Mossad, Meir Dagan (1). Le Centre médical Chaim Sheba, souvent désigné comme l’hôpital Tel HaShomer, est le plus grand hôpital d’Israël.

Il est renommé dans le monde entier pour ses services hospitaliers, ses domaines de recherche et les soins prodigués aux patients. Il a été créé en 1948, un mois après la proclamation de l’indépendance d’Israël. Le Centre médical Chaim Sheba possède une aile militaire dédiée à Tsahal. Il se situe à l’est de la ville de Ramat Gan (Tel HaShomer) dans le district de Tel Aviv sous l’autorité du Medical Corps.

LE PLUS. Entretien avec Samuel, ingénieur francophone travaillant dans l’industrie de la High Tech Israélienne depuis plus de dix ans. « Je m’appelle Samuel, j’ai fait ma scolarité en école juive à Paris. Mon parcours dans l’aéronautique a débuté avec des études en France à Sup Aéro, puis j’ai travaillé un an dans une société de construction de moteurs d’avions. J’ai alors décidé de faire mon Alyah. Mon diplôme a été reconnu et j’ai rapidement retrouvé du travail. Je vis actuellement à Jérusalem, je suis marié et père. Je travaille dans le domaine de l’aérodynamique Israélienne : drones et missiles.

L’hébreu est-il un problème pour un nouvel immigrant qui souhaite intégrer la High Tech Israélienne ?
«Si tu ne parles pas hébreu tu n’as aucune chance dans la High Tech». Combien de fois ai-je entendu ou lu cette phrase sur différents réseaux sociaux… Ne pas maîtriser parfaitement l’hébreu n’est pas forcément un frein pour prétendre rejoindre le monde de la technologie de pointe israélienne. L’ingénierie est un domaine très vaste en Israël et il y existe différents postes. Ce qui importe à un employeur est le savoir technique du postulant. La responsabilité de la langue se trouve avant tout face au client et pour ce faire, elle sera prise par des experts qui maîtrisent la langue du client.

L’ingénieur n’a besoin que de savoir se faire comprendre par son chef de département.  Ce qui est d’autant plus intéressant est le fait que nombre d’ingénieurs dans la High Tech israélienne (on ne parle pas ici du domaine militaire) soient des Olim H’adashim -nouveaux immigrants-. Beaucoup sont originaires de France, de Russie ou d’Argentine, nous trouvons également des ingénieurs ayant fait leur Alyah depuis les Etats-Unis ou la Roumanie. La résultante est que la langue commune est très souvent l’anglais qui sera par contre une condition sinequanone d’acceptation dans une entreprise ».

LE PLUS. Sur les 119 000 olim de France depuis la création de l’État d’Israël, près de 37 000 d’entre eux ont fait l’alyah au cours des dix dernières années. Près de 450 000 Juifs vivent en France, dont 280 000 à Paris et sa banlieue et 170 000 dans d’autres régions de France, dont environ 60 000 à Marseille et ses environs et plus de 15 000 à Lyon, Nice, Strasbourg et Toulouse, selon une estimation de l’Agence juive. Avec 700 synagogues et 170 écoles juives, la communauté juive de France est la plus grande d’Europe et la deuxième dans le monde après celle des États-Unis.

(1) En 2012, Dagan s’était rendu en Biélorussie pour une greffe de foie et avait été hospitalisé avec de sérieuses complications après l’opération, qui avait été réalisée par des médecins français et israéliens qui s’étaient rendus sur place.

Il avait été demandé à des médecins américains et allemands d’effectuer l’opération, mais « personne ne voulait faire une greffe de foie sur un ancien chef du Mossad », avait déclaré à l’époque le président biélorusse, Alexander Lukaschenko.

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