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La première révolution de Netanyahu

Arrivé au pouvoir en 1996, il a été,  à 47 ans, le plus jeune chef de gouvernement de l’histoire du pays. Il détiendra plus tard le portefeuille des Finances qu’il conservera jusqu’en 2005. Pour enfin depuis 2005 détenir les clefs du pouvoir. C’est dire que notre premier ministre a depuis 1996, posé d’abord les premières pierres de la révolution économique d’Israël, pour depuis continuer dans ce tournant libérale qui a littéralement transfiguré le visage d’Israël.

Il a su au bon moment alors que le pays ne devenait déjà plus une économie agricole, à le lancer vers ce grand défi d’une économie essentiellement basée sur le high-tech.  Faisant passer Israël, dès la fin des années 1990, d’une économie quasi-communiste à une économie libérale. Il a introduit par la concurrence, par une politique d’ouverture économique cet esprit qui est notre force d’aujourd’hui:  une force de l’innovation qui s’est construite grâce à l’élasticité des entreprises, à la souplesse budgétaire et aidé il est vrai, aussi grâce à l’immigration, en particulier ; celle de Russie.

Il a donné naissance à cette économie libérale, qui n’attendait avec le génie juif, que l’homme qui serait briser les chaine d’un socialisme éculé. Réalisant alors l’improbable: transformer un pays moulé à l’origine par une idéologie socialiste, et dirigé par un Parti travailliste et son aile syndicale, la Histadrut, qui furent ceux qui marquèrent la vie politique et la vie économique de 1948 à 1990.

Des 1996 le premier acte de Netanyahu, jeune premier ministre fut de fermer le ministère de l’économie, ministère alors plus de « planification » que de l’économie, orientant les politiques vers un allègement radical des dépenses de l’état.  Mais c’est Netanyahu, alors ministre des Finances du premier ministre Ariel Sharon et non premier ministre, qui accéléra la révolution économique d’Israël. D’une croissance négative depuis deux ans, avec un PIB en baisse de 7%, un taux de chômage de 11%, et un ratio « dette / PIB » de 103%, Netanyahu va non seulement renverser la tendance, mais éteindre à jamais ses voyants négatifs. En plafonnant pendant trois ans Les dépenses publiques, en réduisant l’impôt sur le revenu de 64% à 44 %, celui sur les sociétés de 36% à 18 %, en augmentant l’âge de la retraite de 60 à 64 ans pour les femmes et de 65 à 67 pour les hommes.

Une véritable révolution pour Israël, révolution passé un peu inaperçu, et qui pourtant a changé le visage du pays. Netanyahu a créé un tremblement de terre économique. Israël est passé en quelques années d’une économie en retard à une économie qui a dépassé sur bien des points certaines économies européennes. Tous les indicateurs sont aux verts.

La deuxième révolution en attente: un défi pour Netanyahu.

Mais si tous les voyants économiques sont aux verts, une certaine partie de la population a payé au prix fort, la libération économique. Cette population est dans le rouge. Ainsi cette liberté économique, dans un pays aussi petit qu’Israël a créé des zones économiques monopolistiques, où quelques familles et quelques dix grands groupes contrôlent les activités économiques essentielles, qui génèrent des profits souvent excessifs.

Ainsi le coût de la vie est devenu au fils des années bien trop cher. Et si Le prix de la nourriture est presque de 20% plus élevé que dans les pays de l’OCDE, le logement lui est devenu quasiment inabordable pour les jeunes ménages.  Seulement Trois distributeurs se partagent 60% de la grande distribution. La nouvelle prospérité d’Israël n’est pas partagée par toute la population.

Il faut aujourd’hui davantage d’intervention publique. Il est urgent de redistribuer les bénéfices de la révolution libérale de « Bibi’, vers les secteurs qui doivent assurer l’avenir du pays. S’il ne s’agit en aucun cas de revenir à un socialisme, il est impératif de redéfinir nos priorités.

Il faut stopper d’abord ce désengagement systématique social de l’État. Il faut mettre un terme à cette politique menée jusqu’ici et qui réduit au maximum la dépense publique qui, se situe dix points de PIB en dessous de la moyenne de l’OCDE. Car c’est à une fracture sociale entre des riches ou aisés et les autres que nous assistons depuis des années. La révolution que nous attendons de notre premier ministre aujourd’hui est sociale. Une révolution dans l’éducation, qui quelles que soit les politiques économiques reste le moteur de l’avenir du pays. Tout l’effort budgétaire doit être dirigé dans ce secteur. Au risque de voir des formations insuffisantes, des professionnels non renouvelés…enfin une perte de ce qui fait la force économique d’Israël: ces cerveaux.

C’est à ce courage qu’il faut appeler notre premier ministre. Car cette première révolution libérale qui nous a rendu très puissante, est devenu une idéologie en forme de religion. Elle est largement responsable hélas, aussi des dégâts actuels.

Pour rentrer définitivement dans l’histoire de la nation juive, Netanyahu doit offrir à ces citoyens cette deuxième révolution. Elle devra s’axer sur les trois zones sombres de l’économie : l’éducation, le logement, la pauvreté.

Richard Sitbon

https://lphinfo.com/netanyahu-le-che-de-lhistoire-economique-disrael-par-richard-sitbon/

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