Partager

L’an dernier l’ambassadeur d’Israël en Côte d’Ivoire a procédé à Abidjan, au lancement de la Chambre de commerce de Côte d’Ivoire-Israël. Selon le diplomate israélien, cette chambre a pour objectif de présenter les performances des économies des deux pays, de faire le point sur les relations économiques entre la Côte d’Ivoire et l’Israël et de présenter les nouvelles perspectives sur le commerce entre les deux Etats. Il s’agit également, à travers cette chambre, d’améliorer la coopération économique et commerciale entre la Côte d’Ivoire et l’Etat d’Israël et de renforcer davantage les échanges qui existent entre les deux pays depuis les années indépendantes.

Depuis la fin de la crise politique en 2011, l’économie ivoirienne a progressé à un rythme moyen de 8 % par an, ce qui en fait l’un des pays les plus dynamiques du monde sur cette période. La croissance du PIB a cependant progressivement ralenti pour passer de 10,1 % en 2012 à 7,7 % en 2017, tandis que pour 2018 les estimations tablent sur un taux de 7,4 %. Le pays doit relever un double défi : maintenir un rythme de croissance rapide mais aussi instaurer une croissance plus inclusive (le taux de pauvreté s’élève encore à 46,3 %) tout en réduisant les déséquilibres budgétaires. La proximité des élections nationales, programmées en octobre 2020, risque de générer un climat d’incertitude et d’avoir une incidence négative sur les investissements privés.

Le président Alassane Ouattara a placé l’année 2019 « sous le signe du social », avec pour objectif de rendre les services sociaux accessibles et abordables pour les plus vulnérables, de créer des milliers d’emplois pour les jeunes et de recruter plus de 10 000 enseignants aux cycles primaire et secondaire. Peu de temps après cette annonce, à la suite de l’échec des négociations entre le gouvernement et les syndicats, les enseignants de l’école publique ont entamé une grève fin janvier, qui s’est poursuivie jusqu’au début du mois de mars. D’autres fonctionnaires ont également menacé d’arrêter le travail et de mettre fin à une trêve sociale dont la conclusion avait dissipé une série de mouvements de grèves ayant paralysé l’administration et les services publics en 2017.

La dynamique de croissance rapide affichée par la Côte d’Ivoire n’a pas donné les résultats attendus sur le plan de l’inclusion et de la réduction du taux de pauvreté, qui reste élevé. Le pays se trouvait au 170e rang sur 189 pays dans le rapport 2018 du PNUD sur l’indice de développement humain. Entre 1985 et 2011, l’ampleur et l’intensité de la pauvreté ont augmenté fortement, avec un taux passant d’environ 10 % à 51 % de la population. Toutefois, selon la dernière enquête sur les niveaux de vie réalisée par les autorités, le redressement économique récent a permis de faire reculer la pauvreté à 46,3 %.

Partager