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Donald Trump a annoncé l’imposition de tarifs douaniers supplémentaires à partir du 1er septembre sur quelque 300 milliards de dollars de produits de grande consommation importés de Chine afin de faire plier Pékin dans les négociations commerciales. Les très nombreux israéliens qui achètent des produits chinois en ligne via les Etats-unis s’inquiètent. Déjà un ralentissement du flot de produits via Amazon et venant des Etats-Unis se fait sentir dans l’Etat Hébreu.

Selon Radio Canada: « Techniquement, ce sont les importateurs américains qui doivent s’acquitter de ces tarifs douaniers auprès des services de douane américains sur les marchandises qu’ils font venir de Chine. Fabricants, importateurs et distributeurs américains, pourraient alors répercuter ce surcoût par une hausse des prix qui serait alors refilée aux consommateurs américains.

Contrairement à la première vague de droits de douane qui s’appliquait surtout à des biens d’équipements ou industriels, cette dernière vague porte sur des produits de consommation courante et grand public.

Ainsi jouets, chaussures, téléphones mobiles, textiles, habillement, produits alimentaires devraient coûter aux importateurs 10 % plus cher en septembre.

Le président Trump a aussi accusé la Chine et la zone euro de jouer le grand jeu de la manipulation des monnaies en faisant chuter le yuan pour favoriser leurs exportations en dépit des tarifs douaniers.

Sur les neuf premiers mois de l’exercice budgétaire fédéral, les tarifs douaniers, mis en place en plusieurs phases ont rapporté 52,3 milliards de dollars à Washington. Cela représente presque le double de ce qui a été perçu à la même époque en 2018, selon les chiffres du Trésor américain.

Si les tarifs entrent dans les caisses du Trésor, ils sont d’abord payés par les importateurs américains qui doivent les acquitter dans les 10 jours après la livraison des marchandises.

Les hausses de prix sur le marché américain ont été modestes pour la première phase de tarifs douaniers, l’essentiel des surtaxes ayant été absorbé par les importateurs et distributeurs américains eux-mêmes, en d’autres termes, ils ont réduit leurs marges.

La totalité de la transmission des tarifs sur les importateurs suggère que l’incidence des droits de douane est retombée largement sur les États-Unis, indique une étude réalisée en mai par des chercheurs d’Harvard, de l’Université de Chicago et du Fonds monétaire international (FMI).

Des augmentations de prix ont néanmoins été relevées sur des produits spécifiques tels que les machines à laver. Les distributeurs, pour lisser l’impact de ces augmentations, ont aussi rehaussé le prix d’autres produits comme les sécheuses qui n’étaient pas forcément touchées par les tarifs, ont noté plusieurs études.

Les coûts de production d’industriels utilisant de l’acier (Caterpillar, le fabricant de tracteurs John Deere) ou du papier (Procter & Gamble) ont aussi augmenté.

Mais le nouveau surcroît de taxes de 10 % sur les produits de grande consommation fait craindre davantage de répercussions pour le consommateur américain. Cela pourrait représenter un surcoût de 200 dollars américains en 2020 dans le budget moyen d’un foyer, affirme Oxford Economics.

Les fédérations de professionnels sont montées au créneau. La décision va augmenter le coût de tous les vêtements, chaussures et linges de maison, s’est alarmée la Fédération du textile, de l’habillement et de la chaussure (AAFA) jeudi.

Le marché américain du textile dépend à 42 % des importations chinoises et à 69 % pour les chaussures, selon les données de la Fédération.

Les fabricants chinois aussi touchés

Si dans un premier temps, les industriels puis les consommateurs américains paient pour l’augmentation des tarifs douaniers, les répercussions finissent par toucher les fabricants chinois.

Les importateurs américains ont commencé à diversifier leurs sources d’approvisionnement se tournant vers d’autres pays que la Chine comme le Vietnam.

La croissance chinoise a signé au second trimestre sa plus faible performance depuis au moins 27 ans, soit une croissance de 6,7 %. L’essoufflement apparaît comme une conséquence directe de la guerre commerciale déclenchée en mars 2018.

Pour compenser l’impact des tarifs douaniers, le yuan s’est affaissé à son plus bas niveau depuis novembre tout en restant jusqu’ici dans la bande de fluctuation déterminée par la Banque centrale chinoise ».

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