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Des négociations entre le ministère des Finances et le syndicat des enseignants (Israel Teachers’ Union  – ITU) ont permis de parvenir à un accord vendredi, évitant une grève des écoles primaires pour le jour de la rentrée. Le syndicat avait menacé d’empêcher la reprise des cours le dimanche 1er septembre. Parallèlement, un tribunal du travail a interdit, en début de semaine, une grève des écoles secondaires. Malgré les limites imposées par les établissements scolaires israéliens comme, par exemple l’obligation de porter une chemise à l’effigie de l’école, l’interdiction d’arborer un T shirt qui dévoile le ventre, un short ou encore une mini jupe, les élèvent gardent toutefois une grande marge de manœuvre pour se rattacher à la mode et exprimer leur créativité.

LE PLUS. Le système éducatif en Israël. Le système éducatif en Israël est divisé en quatre courants:

1. Les écoles du courant gouvernemental laïc : mamlakhti, les écoles du courant gouvernemental religieux: mamlakhti dati, les écoles privées : atsmaï et le réseau d’éducation de Torah Maayan.

Le système éducatif est astreint à toutes les matières de base, c’est à dire les matières élémentaires et obligatoires fixées par le Ministère de l’Education.

Les contenus et les méthodes d’enseignement sont uniformes étant donné qu’ils sont fixés par les institutions de l’Etat.

2. L’éducation gouvernementale religieuse, mamlalhti dati :
Le système éducatif est également astreint à toutes les matières de base comme dans l’éducation gouvernementale laïque.

De plus le système éducatif gouvernemental religieux est astreint aux études de Kodesh (enseignement religieux) à hauteur de 40% du total des heures allouées par le Ministère de l’Education.

3. L’éducation privée et le réseau d’éducation de Torah Maayan :

Ces courants ont le statut « d’éducation reconnue non-officielle », c’est à dire que toutes ces écoles ne sont pas sous la propriété de l’Etat ou d’autorités locales mais sont tout de même supervisées par le Ministère de l’Education et financées par l’Etat, et dans la plupart les matières des programmes de bases sont enseignées. Par ailleurs, il existe des écoles gouvernementales combinées, dans ces écoles des enfants religieux, réformistes et laïcs étudient ensemble. Ces écoles combinent dans leurs programmes d’enseignement et dans leurs modes de vie beaucoup d’étude de sources juives. Les parents ont le droit de choisir dans quel courant inscrire leurs enfants en fonction de leurs conceptions.

4. Autres Méthodes d’Education

Dans les dernières décennies se sont développées en Israël des méthodes d’éducation particulières, qui différent de celles des cadres habituels, comme le Gan démocratique, la méthode Montessori, la méthode du Gan qui fluctue, la méthode Waldorf (Anthroposophie), l’éducation Tali (renforcement de l’enseignement des matières juives) etc. La plupart des maternelles et des écoles qui fonctionnent selon ces méthodes sont privées.

LE PLUS. Une pédagogie de la liberté

Maria Montessori (1870-1952) est connue pour être une des premières femmes médecin d’Italie. Elle s’occupe initialement des enfants de la clinique psychiatrique de Rome, et cherche les moyens de leur donner une véritable éducation. À partir de travaux de confrères, elle construit sa propre pédagogie qu’elle expérimente à partir de 1907 dans un quartier populaire de Rome, auprès d’enfants dits « normaux ». De ce travail est issu son premier ouvrage à destination du grand public, La pédagogie scientifique, publié en 1909, et toujours disponible.

L’une des particularités de la classe Montessori est de fonctionner sur la liberté de mouvement et de travail des enfants. Chacun d’entre eux, y compris les plus petits, avance à son rythme et choisit son activité. Ils vont et viennent dans la classe, s’installent où ils le souhaitent, peuvent travailler en petits groupes, observer les autres.

Pour les plus grands, le projet prend beaucoup de place, mais il n’est jamais dicté ni encouragé par l’adulte, qui ne planifie rien à leur place. Bien entendu, ce dernier peut anticiper les demandes de chacun, et surtout suit très rigoureusement l’évolution de chaque enfant.

Cette liberté doit permettre à l’enfant de mieux manifester ce qu’il est, ses difficultés et ses forces, et à l’adulte d’ajuster son intervention. C’est dans cette observation de la part de l’enseignant, et avant tout en cela, que la pédagogie Montessori est « scientifique ».

Rendre les savoirs concrets

La deuxième grande caractéristique des classes montessoriennes réside dans l’usage d’un « matériel » spécifique, qui va des mathématiques à la vie pratique, en passant par le langage ou l’éducation des sens. Le principe est de toujours rendre concrets les savoirs : l’enfant manipule avant de passer à l’abstraction. L’enfant « vit » les savoirs avant de les intellectualiser.

Par exemple, les enfants « vivent » l’addition ou la soustraction, « vivent » le système décimal, dès la maternelle, en additionnant des cubes et des perles, selon un protocole précis. Pour autant, ils ne maîtrisent pas nécessairement l’addition de manière intellectuelle : ils créent un « chemin sensoriel » qui pourra rendre l’abstraction plus aisée par la suite.

Le matériel donne ainsi des « clés » pour comprendre le monde, ce qui explique pourquoi il est ordonné, qu’il isole une qualité, et qu’il suive un protocole rigoureux (il est également généralement autocorrectif). Mais il vise aussi, et peut-être surtout, le développement de la personnalité.

Il cherche à favoriser chez l’enfant l’intérêt pour son activité, la concentration, la volonté d’aller au bout de son projet. La pédagogue dit que l’enfant est un « embryon psychique », qui se construit à la fois avec les savoirs, les expériences de vie et dans la liberté.

C’est une autre raison de la liberté donnée aux enfants dans ces classes. Si un enfant passe sa matinée à compter jusque 1000 avec le matériel, c’est aussi important pour ses apprentissages que pour développer sa personnalité – sensation d’être capable, goût de l’effort, capacité de concentration.

Pas de label

Le « matériel » vise ainsi ce que Maria Montessori nomme la « santé intérieure », le développement de la personnalité, une puissance psychique et intellectuelle, une expérience de vie. Dans une classe montessorienne, l’idée est qu’en faisant des maths, en apprenant à écrire, l’enfant perfectionne dans le même temps ses habiletés, sa personnalité, la vie avec autrui, la concentration et l’absorption de la culture : tout est intriqué.

Voilà pourquoi les activités montessoriennes qui se vendent un peu partout n’ont pas beaucoup de sens lorsqu’elles sont déconnectées d’un environnement collectif et d’un adulte qui les accompagne. Ces différentes offres surfent sur l’effet de mode et sur le fait qu’il n’existe pas de « label » montessorien.

Vous pouvez en effet demain fonder une école, publier un livre ou inventer un coffret portant ce nom, ou même former à la méthode sans être habilité, ni avoir la moindre expérience préalable de cette pédagogie. Dire « je fais du Montessori dans ma classe » ou revendiquer l’appellation ne suffit donc pas nécessairement à en faire vraiment.

La seule garantie qui existe actuellement est celle des formateurs agréés par l’Association Montessori Internationale (fondée en 1929), qui conserve et protège les pratiques authentiques. Une bonne formation des enseignants à cette pédagogie est donc la base (la maîtrise de la « lettre » de la pédagogie). S’y ajoutent une compréhension fine de la philosophie et de la démarche montessorienne (« l’esprit » de la pédagogie) ainsi qu’une expérience suffisante.

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