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Nadine Baudot Trajtenberg est aujourd’hui n°2 de la Banque d’Israël. Elle fait partie de celles et ceux qui décident de l’avenir financier et économique du pays. Pour Studio Qualita, elle raconte son incroyable parcours, depuis son Canada natal jusqu’à Israël où vivait son mari et où son ascension professionnelle a été fulgurante.

A écouter l’interview : https://www.youtube.com/watch?v=x4TEBqzoKls

AlyahStory #193 – Nadine Baudot Trajtenberg, une success story à la canadienne

LE PLUS. Selon (1) : « Une brillante Économiste francophone native de Montréal, Nadine Baudot-Trajtenberg, vient d’être nommée Vice-Gouverneure de la Banque Centrale d’Israël. Elle secondera une Économiste reconnue, Karnit Flug, nommée dernièrement Gouverneure de la Banque Centrale d’Israël. Cette dernière succède à Stanley Fischer. C’est la première fois dans l’Histoire d’Israël que la Banque Centrale de ce pays sera dirigée par deux femmes. Docteure en Économie de l’Université Harvard, Nadine Baudot-Trajtenberg a été la première Québécoise à recevoir la prestigieuse Bourse Rhodes, qui lui a permis de poursuivre des Études universitaires de Second Cycle à l’Université Oxford, en Angleterre.

Pendant plus de 20 ans, elle a été Vice-Présidente Senior et Directrice Générale chargée des Relations avec les investisseurs à la Banque Ha­poa­lim. Jusqu’à sa nomination à la Banque Centre d’Israël, elle était Vice-Doyenne de l’Arison Business School de l’Inter­disci­pli­nary Center d’Herzliya, la première Institution privée d’Enseignement universitaire d’Israël. Nadine Baudot-Traj­ten­berg a été aussi Professeure Associée de Macroéconomie à l’Université de Tel-Aviv. Dans les années 80, elle fut Conseillère auprès du Ministère des Finances du Canada, où elle faisait partie de l’Équipe d’Économistes chargée de réformer la structure du système de Taxation du Canada.

Nadine Baudot-Trajtenberg est l’épouse d’un Économiste israélien natif d’Argentine renommé, Manuel Trajtenberg, qui a Présidé la Commission mise sur pied par le Gouvernement de Benyamin Netanyahou à la suite de la révolte sociale qui révulsa Israël à l’été 2011. La Commission Trajtenberg a formulé dans son Rapport final une série de recommandations pour atténuer les grandes inégalités socioéconomiques qui sévissent dans la société israélienne.

Dans le cadre de ses nouvelles fonctions à la Banque Centrale d’Israël, Nadine Baudot-Trajtenberg siégera au Comité des Politiques monétaires et au Conseil de Supervision de cette Institution financière. En tant que Vice-Gouverneure de la Banque Centrale d’Israël, Nadine Baudot-Trajtenberg devra remplacer la Gouverneure Karnit Flug quand cette dernière sera absente, ou dans le cas où celle-ci ne pourrait remplir sa fonction. La durée du mandat du Gouverneur adjoint de la Banque Centrale d’Israël est de cinq ans, renouvelable pour une période supplémentaire. Le Canadian Jewish News a eu l’opportunité d’interviewer plusieurs fois Nadine Baudot-Trajtenberg. Cette Économiste chevronnée a toujours été préoccupée par les inégalités socioéconomiques et le phénomène très délétère de la pauvreté qui, depuis la fin des années 80, n’ont cessé de s’aggraver dans la société israélienne. La politique économique libérale menée depuis le début années 90 par les Gouvernements israéliens successifs a eu un coût humain énorme. Israël avait fait le pari d’une croissance économique qui diminuerait la pauvreté. C’est l’inverse qui s’est produit.

La croissance économique élevée s’est accompagné d’une “aggravation sans précédent de la pauvreté” -fléau qui touche aujourd’hui 25% des Israéliens- et d’une “disparition progressive” de la classe moyenne, rappela Nadine Baudot-Trajtenberg au cours d’une entrevue qu’elle nous a accordée à Montréal en 2010 -publiée dans l’édition du Canadian Jewish News du 25 août 2010.

“Le mythe tenace de l’Israël égalitaire s’est effondré. Israël est passé d’une Économie très socialisante, qui, jusqu’en 1985, avait la distribution des revenus la plus égalitaire des pays occidentaux, à l’une des Économies les plus inégalitaires du monde occidental, en termes de distribution des revenus. Les poches de pauvreté dans la société israélienne n’ont cessé de proliférer. Ça veut dire que toute la croissance économique dopée par la Haute Technologie, Secteur qui fait appel à une main-d’oeuvre très spécialisée, n’a pas contribué à endiguer l’appauvrissement de couches importantes de la population israélienne. Tous les Israéliens ne peuvent pas être des ingénieurs en Software!”, expliqua Nadine Baudot-Trajtenberg.

Nous lui avions aussi demandé si les Campagnes de boycott économique menées par les détracteurs d’Israël pouvaient affecter l’Économie israélienne?

“Au niveau économique, les Campagnes de boycott anti-israéliennes sont assez marginales. Celles-ci sont toujours dangereuses parce qu’on ne sait jamais où elles peuvent mener, dit-elle. Mais, en général, les boycotts économiques ne sont pas une mesure très efficace. C’est très difficile de maintenir un boycott économique pendant longtemps. Le boycott économique, c’est plus une arme politique qu’économique. Aujourd’hui, la montée du prix du pétrole -Israël importe 100% de son pétrole- est beaucoup plus douloureuse pour les Israéliens que les Campagnes de boycott économique dont Israël est l’objet.”

(1) http://www.cjnews.com/news/business/une-montrealaise-la-banque-centrale-d

LE PLUS. La Banque d’Israël est la banque centrale d’Israël.  Le siège est situé dans le quartier Kiryat HaMemshala de la ville de Jérusalem, avec un bureau à Tel Aviv.

À l’indépendance en 1948, le pouvoir d’émission de devises est attribué à la Banque anglo-palestinienne, refondé sous le nom de Bank Leumi en 1950. La politique monétaire et la surveillance bancaire sont toujours contrôlées par le ministère des Finances.

La Banque d’Israël est fondée le lorsque la Knesset approuve la loi qui transfère l’émission de devises et les fonctions de régulations du ministère des Finances à la banque nouvelle. Cependant, le contrôle sur le change avec les monnaies étrangères n’est attribué à la banque qu’en 1978. Devenue complètement indépendante du gouvernement en 1985, la Banque gère la politique monétaire depuis 1992, afin d’atteindre l’objectif d’inflation fixé par le gouvernement israélien (entre 1 et 3 % par an, actuellement, pour ce qui est considéré comme une stabilisation des prix). La Banque d’Israël est également chargée de la gestion des réserves de devises étrangères.

En 2010, la Banque d’Israël était classée première parmi les banques centrales pour l’efficacité de son fonctionnement, selon le IMD’s World Competitiveness Yearbook.

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