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Les kibboutzim israéliens, anciennes communautés rurales socialistes, ont investi 29,9 millions de dollars dans des start-up israéliennes en 2018, soit une augmentation de 45% par rapport à l’année précédente, selon les données publiées dimanche par la Kibbutz Industries Association (KIA).

Selon les données, un total de 34 investissements ont été réalisés par 25 kibboutzim par l’intermédiaire de Hamashtela, un fonds dédié à la promotion de la technologie et de l’innovation dans les kibboutzim, qui est géré par la KIA et le Kibbutz Movement, une organisation faîtière des kibboutzim.

Dans Les Echos, sous la plume de Nathalie Hamou :  « C’est la nouvelle direction que nous voulons encourager. Pour l’heure, environ 10 % des kibboutz misent sur des sociétés innovantes, mais on espère bien que cette part passera à 40 % à cinq ans », avance Rafi Nevo, qui a cofondé en 2014, Ha Mashtela (« pépinière » en hébreu), un fonds d’investissement soutenu par le mouvement kibboutzique et l’Association des kibboutz industriels, où il est chargé de l’innovation.

« Le constat est simple : les kibboutz ont fait figure de pionniers dans l’agriculture et l’industrie traditionnelle. Mais pour répartir les risques et aller de l’avant, ils doivent s’appuyer sur un troisième pilier, les hautes technologies, poursuit ce responsable. Dans les filières du foodtech ou des cleantech, leurs membres ont beaucoup à apporter. » Sachant que, dans le cadre du projet Ha Mashtela, on leur propose des mises en relation, du conseil, et aussi de faire partie d’un écosystème régional, de travailler par exemple main dans la main avec le pôle universitaire du coin.

Toujours dans Les Echos : « Le kibboutz a connu une transformation radicale au cours de ces trois dernières décennies. Cette institution plus que centenaire a dû grosso modo renoncer à son modèle collectiviste d’origine.

A ce jour, 70 % des 265 kibboutz que compte Israël ont dû opter pour la privatisation, ou accepter des salaires différenciés et même d’introduire la propriété privée. Cette mutation n’a pas été initiée de gaieté de coeur. A la fin des années 1980, la plupart de ces fermes agricoles, parfois reconverties dans l’industrie, se sont retrouvées au bord de la faillite, en raison d’un niveau d’endettement sans précédent ».

LE PLUS. Dans les années 1980, les kibboutzim ont connu des difficultés économiques, liées à un fort endettement et renforcées par la quasi-disparition des subventions de l’État. Celui-ci a finalement annulé la moitié de leurs dettes, l’autre moitié étant rééchelonnée par les banques.

Les kibboutzim ont dû réorganiser en profondeur leurs activités économiques. Les secteurs les plus porteurs : industrie, tourisme et services ont été développés. L’agriculture des origines a été reléguée au second rang (15 % des membres seulement y sont encore affectés). Il y eut d’ailleurs quelques faillites. Cependant, au début des années 1990, les kibboutzim avaient surmonté la crise, qui reste sans doute la plus rude de leur histoire.

Aujourd’hui, malgré quelques exceptions, les kibboutzim sont considérés comme en bonne santé économique et financière. Le niveau de vie des membres des kibboutzim est l’un des plus élevés d’Israël, ce qui suscite parfois la rancœur des communautés environnantes.

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