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Un article du Courrier International. Lancée en juin par Mohammed Abdel Haleem, un entrepreneur de Ramallah, et nourrie entre autres par l’expérience des conducteurs, Doroob Navigator propose des itinéraires bis pour contourner les colonies israéliennes, interdites d’accès à beaucoup de Palestiniens, et esquiver les barrages routiers imposés par l’armée ou la police israéliennes.

Le succès est au rendez-vous. En l’espace de deux mois, l’application GPS a déjà été adoptée par 22 000 conducteurs, pour la plupart établis en Cisjordanie, relate le quotidien émirati The National.

Il faut dire que l’appli propose des services qui restaient jusque-là inédits dans la Cisjordanie occupée. Ni Google Maps, ni Waze, les deux principales plateformes GPS sur le marché, « ne traitent les restrictions cartographiques israéliennes imposées aux Palestiniens, ni ne les aident à se déplacer plus aisément entre les grandes localités de Cisjordanie ».

Le site d’information de Jérusalem détaille « les vides » laissés Google Maps et Waze. La première, écrit-il, « ne fait pas la distinction entre les automobilistes israéliens ou palestiniens, ou entre les zones contrôlées par Israël et les Palestiniens dans ses suggestions d’itinéraires. »

Quand à la seconde, développée par une société israélienne, elle permet seulement aux utilisateurs de « cocher une case autorisant ou interdisant leur entrée dans les zones de population palestinienne », une fonction qui « reflète le fait que si les Israéliens n’ont pas le droit d’entrer dans les villes palestiniennes, les Arabes israéliens s’y rendent pour voir leurs proches ou à des fins professionnelles ». Pourtant, « un véhicule immatriculé palestinien ne peut pas circuler librement à travers une implantation israélienne, même si les algorithmes des principales applis le suggèrent parfois, pour diminuer le temps de trajet ».

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