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Depuis quelques années des experts du sport français vont à Tel-Aviv, souvent discrètement pour ne pas attirer l’attention de concurrents mondiaux, pour détecter des startups qui sont en fait des perles technologiques et qui peuvent permettre aux Champions Français d’être les meilleurs. C’est à présent évident, Israël peut certainement aider la France, qui a pris du retard dans l’exploitation des données en matière de sport. L’écosystème numérique Français se développe néanmoins, et les ambitions de l’hexagone sont grandes alors que les Jeux olympiques de Paris 2024 se profilent à l’horizon. Objectif tricolore, dans un contexte européen et international : égaler, à terme, les Anglo-Saxons dans le domaine de la « Sports Tech ».

SPORTECH ISRAËL La vidéo et la retransmission d’images sont des technologies très développées en Israël attirant les investisseurs du monde entier mais aussi des stars du sport. L’ancien numéro 1 ATP Novak Djokovic et l’ancien champion de tennis Pete Sampras ont ainsi investi dans Playsight, une start-up qui a développé la technologie “smartcourt”, un système de caméras adapté au départ pour les terrains de tennis et aujourd’hui utilisé dans 20 sports différents.

L’idée est de retransmettre en direct les entraînements ou les matchs et d’analyser la performance des joueurs grâce à de multiples indices et statistiques. L’entreprise créée en 2011 a aujourd’hui pour clients des équipes de la NBA telles que les Phoenix Suns et les Golden State Warriors.

Adoptée par la précieuse ligue de basketball américaine, WSC Sports Technologies améliore quant à elle l’expérience des supporteurs. Ses produits créent automatiquement du contenu vidéo, adapté individuellement à chaque spectateur. Un récent article de Actualité Juive a présenté quelques caractéristiques de la sportech israélienne qui peuvent intéresser la France :

« Plusieurs sociétés de Sportech israéliennes participent au Mondial. L’une d’elles fournit aux équipes des entraîneurs virtuels. Alors qu’une autre assure la sécurité dans les stades. Grâce à un système visuel technologique très sophistiquée, elle scrute en temps réel chaque mouvement dans les gradins afin de prévenir toute rixe entre supporters rivaux pendant le match et après.  Le monde entier est à la recherche de technologies au service du sport que développe Israël. Et de nombreux investisseurs viennent y faire leur shopping. Intel a même racheté, il y a deux ans, la start-up israélienne Replay, pour 170 millions de dollars. Elle a développé une technologie très sophistiquée qui permet de vivre le foot en 3D sous tous les angles possibles et imaginables, grâce à 28 caméras placées autour des stades ».

La France attire les grands événements sportifs. Coupe du monde féminine de football en 2019, coupe du monde masculine de rugby en 2023… et Jeux olympiques d’été en 2024, bien sûr. Pourtant, les start-up de la « Sports Tech » ont eu du mal à prendre leur essor au sein de l’écosystème numérique tricolore. « La faute à un manque de données disponibles », explique à L’Usine Digitale Arthur Leroy, doctorant à l’université Paris-Descartes et à l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep). La faute aussi à une culture sportive dans laquelle la technologie n’a toujours pas trouvé sa place.

Selon https://www.usine-digitale.fr :

« La « sports tech » EN PLEINE EXPANSION

Mais à quoi cette absence de donnée est-elle due ? « Il s’agit davantage d’un problème d’ordre technique que législatif », estime Arthur Leroy, qui élabore actuellement une thèse au sujet de l’apprentissage statistique appliqué au sport de haut niveau. En clair, la France ne compterait pas assez d’informaticiens pour compiler des données de matches ou autres performances sportives. Cela l’aurait conduite à encaisser un retard important, face à des pays anglo-saxons qui en ont pris le tournant dès le début des années 1990.

Pour autant, les clubs sportifs français, qui y voient un intérêt économique, se saisissent de plus en plus de la data. Le Paris Saint-Germain, en partenariat avec l’Ecole polytechnique, a par exemple organisé un hackathon au printemps 2019 dans le but de recruter un analyste. L’écosystème numérique tricolore, porté par ces grandes compétitions à venir, tend à s’emparer de la thématique. Le tournoi de tennis de Roland-Garros a entamé sa mue digitale, au travers d’un partenariat avec Infosys. La communauté French Tech Grand Reims cherche, entre autres, à développer la filière. Selon SportsTechX, les villes de Paris et de Montpellier ont concentré une grande partie des investissements dans le domaine en 2018, avec 16,5 et 12,3 millions d’euros respectivement.

Ces sommes, qui demeurent bien en-deçà d’autres mastodontes européens tels que Londres (99,5 M€) et Munich (63,5 M€) notamment, sont encourageantes. « L’objectif des Jeux olympiques de 2024 à Paris me paraît un peu juste pour rattraper notre retard, souligne Arthur Leroy, qui suggère la possibilité d’un recueil automatique de données via les licences sportives. Mais le travail en cours portera certainement ses fruits à long terme, par exemple à Los Angeles en 2028. » En Europe, les investissements ont progressé de 27,4 % entre 2017 et 2018 (285,6 contre 363,9 M€). De quoi présager, à terme, un rééquilibrage avec les Etats-Unis ».

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