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Par Amaelle Guiton, envoyée spéciale de Libération à Tel-Aviv (Israël) — L’Etat hébreu s’enorgueillit de ses 500 entreprises dans le secteur de la cybersécurité. Un Nétanyahou en campagne vient rappeler la volonté du pays de compter parmi les «leaders mondiaux».

Le «modèle israélien» tourne à plein, caractérisé par une très forte proximité entre Etat, universités et entreprises, mais aussi par la manière dont le renseignement militaire nourrit le secteur privé. On ne compte plus les vétérans de 8200 à la tête d’entreprises reconnues, tel le vaisseau amiral Check Point, ou de start-up (mais aussi d’officines aux activités plus sulfureuses, comme NSO, spécialiste des logiciels espions), au point que la fameuse unité militaire est devenue une marque.

L’Iran, ennemi principal

Le tout nourrit une «cyberdiplomatie» fort active : l’édition 2019 de la Cyber Week a accueilli des représentants de ministères américains, comme le secrétaire adjoint à l’Energie, Dan Brouillette, la maire de Washington, Muriel Bowser, ou encore une délégation française emmenée par l’ambassadeur pour le numérique, Henri Verdier.

En plein regain de tension entre Washington et Téhéran, l’Iran fait plus que jamais figure d’ennemi principal : «C’est l’un des cinq acteurs les plus actifs en matière de cyberattaques, partout dans le monde et en particulier au Moyen-Orient», affirmait mercredi le patron de la Direction nationale cyber, Yigal Unna, pour qui la République islamique est plus menaçante pour les pays du Golfe que pour Israël, «mieux protégé». L’Iran était également au menu d’une conversation entre Mike Rogers, l’ancien directeur de la NSA, et Nadav Zafrir, ex-patron de l’unité 8200, aujourd’hui à la tête du fonds de capital-risque Team8 et VRP du modèle cybersécuritaire israélien.

Au demeurant, c’est un autre acteur qui a eu les honneurs des gros titres. L’entreprise israélo-américaine Cybereason a en effet révélé une vaste opération d’espionnage qui a visé pendant plusieurs années une dizaine de grands opérateurs télécoms, dans le but de dérober des données concernant au moins une vingtaine de cibles liées à la Chine. Selon les chercheurs de Cybereason, plusieurs indices pointent – sans certitude absolue – vers APT10, un groupe d’attaquants suspecté d’être lié à Pékin, dont deux membres présumés ont été inculpés l’an dernier par la justice américaine.

https://www.liberation.fr/chroniques/2019/06/30/a-tel-aviv-le-soft-power-du-cyber-israel_1737056

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