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Un article (extraits) de Jacques Benillouche. DEFICIT. Le ministère des Finances a publié récemment des chiffres concernant l’augmentation du déficit budgétaire en Israël. Cette situation est liée à une baisse des recettes fiscales. En clair, l’État dépense plus qu’il ne reçoit d’impôts. Le déficit budgétaire a atteint 3,5%. Au cours des deux premiers mois de 2019, il s’est élevé à 5,6 milliards de shekels (1,4 milliard d’euros) contre un excédent budgétaire de 2,3 milliards de shekels (560 millions d’euros) au cours des deux premiers mois de 2018. En février les recettes fiscales ont baissé de 6,8% par rapport à la même période de 2018.

LOGEMENT. Parmi les questions économiques, le problème du logement devient dramatique car l’augmentation des prix rend l’acquisition pratiquement impossible pour les jeunes ménages dans les principales villes du Centre, sauf à accepter de vivre dans les territoires ce qui n’est pas une option très populaire, surtout depuis la recrudescence des attentats perpétrés contre des civils en Cisjordanie.

Depuis la privatisation des sociétés de construction d’Etat, la mise à disposition de logements sociaux a chuté. La promesse de Moshé Kahlon  de libérer des terrains domaniaux pour les mettre à la disposition des promoteurs, à un prix limité, n’a pas été suivie d’effet. Il n’est pas normal qu’un Israélien ayant un emploi stable ne puisse pas acquérir un logement social sans avoir à s’endetter toute sa vie. En France et au Royaume-Uni, huit années de salaire moyen sont nécessaires pour acquérir un petit logement de 70m², mais seulement deux au Danemark. En revanche, il faut au moins treize années de salaire en Israël.

La flambée des prix s’explique par la stagnation de l’offre et par une demande en expansion, alimentée par un nombre croissant de ménages et par la baisse des taux d’intérêt. Il y a un manque de terrains dans le centre du pays où la demande est forte, les infrastructures sont sous-développées dans les zones périphériques, et les procédures d’urbanisme impliquent de nombreux acteurs publics aux intérêts divergents. Il faut compter treize ans pour remplir les formalités nécessaires à l’élaboration des plans et à la construction d’un logement en Israël, soit plus du double des pays de l’OCDE.

Ainsi, on voit dans les villes de nombreux terrains transformés temporairement en parking public dans l’attente des autorisations. Il manque environ 100.000 logements soit l’équivalent de deux années de construction. On construit environ 45.000 logements par an en Israël. Des mesures ont été prises effectivement pour le démantèlement de sites militaires du centre du pays transférés au Néguev, dans le complexe militaire Ariel Sharon, ainsi que pour la construction de nouvelles infrastructures routières.

La rareté de logements résulte d’un monopole étatique sur les terrains qui sont libérés contre des taxes élevés et une bureaucratie décourageante. Même en Cisjordanie et à Jérusalem, le blocage des terrains limite les constructions. En fait, il faut augmenter la quantité de terrains destinés aux logements pour réduire les coûts des terrains. Il faut rendre la procédure de construction plus rapide et plus souple.

Les questions du logement touchent toutes les classes sociales et influent sur l’évolution de l’alyah car les nouveaux venus peuvent difficilement se loger avec un loyer modeste. La rareté des logements et leur coût ont réduit de manière importante l’arrivée de Juifs en provenance des pays occidentaux comme la France et le Royaume-Uni.

Article publié dans Temps et Contretemps

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