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Un article de Nathalie Sosna Ofir. « Ce qui se passe dans la péninsule coréenne pourrait avoir des conséquences positives sur les tentatives de Donald Trump de débloquer la situation au Proche-Orient estime Herb Keinon, commentateur politique et stratégique dans un éditorial publié dans le Jérusalem Post.

Hier le président américain a défié toutes les attentes et a fait ce qu’aucun autre président américain en exercice n’avait encore fait : 20 pas en territoire nord-coréen accompagné du dictateur de ce pays, Kim Jong Un.

Les deux dirigeants se sont ensuite rencontrés pendant une heure dans la zone démilitarisée séparant la Corée du Nord et la Corée du Sud, et ont convenu de constituer des équipes respectives afin de relancer les négociations en vue de la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

La réunion peu orthodoxe entre les deux dirigeants a eu lieu après un autre geste inhabituel, 24 heures plus tôt. Trump poste alors un tweet informant le président nord coréen Kim Jong Un, qu’il se trouve dans le coin et qu’il aimerait bien faire un saut dan,s la zone démilitarisée pour venir lui dire bonjour et lui serrer la main, si toutefois cela lui dit. Kim releve le défi et le bonjour a bien eu lieu suivi même d’une réunion.

Si cet évènement conduit à des progrès significatifs, il sera enseigné pendant des années comme preuve de la vertu des approches novatrices de la diplomatie écrit notre éditorialistes de ce matin. Cette réunion n’a en effet pas été planifiée avec soin, son itinéraire n’a pas été chorégraphié à la seconde près et aucune déclaration finale commune n’a été minutieusement élaborée.

Si c’est un échec les diplomates pourront toujours dire qu’il existe certaines normes et formalités diplomatiques qui ne peuvent tout simplement pas être contournées.

Et en quoi cela pourrait il avoir un impact sur le Moyen-Orient ? Tout simplement car l’administration Trump y adopte également une approche diplomatique résolument non conventionnelle.

L’atelier «de la paix à la prospérité» organisé par les États-Unis à Bahreïn la semaine dernière en est un bon exemple: organiser une conférence sur les avantages économiques d’un futur accord de paix israélo-palestinien sans préciser les paramètres de l’accord politique ni inviter les responsables des deux camps.

Certainement une nouvelle façon de faire les choses.

Une conférence qui a été la cible de critiques acerbes de diplomates et de responsables – palestiniens, américains et israéliens – qui ont travaillé sur ce processus pendant des années -sans succès précise Herb Keinon- et qui sont persuadés que cette façon de faire n’a aucune chance de réussir.

Si, en revanche, la poignée de main en Corée du Nord conduit effectivement à mettre un terme au conflit dans la péninsule coréenne, l’approche peu conventionnelle de Trump à l’égard du Moyen-Orient sera probablement prise plus au sérieux et suscitera moins de dérision. Tout mouvement sur la Corée du Nord pourrait aider à créer une positive attitude ici dans la région et amener à se dire que l’approche non conformiste de Trump pourrait en fin de compte servir à tenter de démêler certains des noeuds diplomatiques les plus emmelés au monde.

Si les négociations entre les États-Unis et la Corée du Nord progressent cela pourrait aussi avoir des implications pragmatiques pour Israël. La Syrie et l’Iran, deux ennemis de l’état hébreu, ont tiré un profit considérable du savoir-faire nucléaire et balistique de la Corée du Nord. Si, à la suite d’accords entre la Corée du Nord et les États-Unis, Pyongyang était contraint de ne plus partager ailleurs ses connaissances en matière de technologie ou de missiles nucléaires et balistiques, ce serait un avantage considérable pour Israël.

Toute avancée vers un quelconque accord avec la Corée du Nord pourrait également scinder le noyau nord-coréen/Iranien et ainsi isoler encore davantage l’Iran. Si la Corée du Nord – à la suite d’accords avec les États-Unis – commençait à démanteler son infrastructure nucléaire et à réduire la portée de son programme de missiles balistiques, cela augmenterait sans doute également la pression sur l’Iran pour qu’il fasse de même ».

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