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Selon une enquête de ministère de l’Education, la violence dans les écoles arabes israéliennes a grimpé en flèche.

Selon l’étude, qui a interrogé 226 477 écoliers du CM2 à la seconde à propos de leur environnement scolaire, 11 % des étudiants ont déclaré avoir été personnellement impliqués dans une altercation violente l’an dernier.

Le ministère a cependant conclu, « qu’alors que les écoles de langue hébraïque ont enregistré une baisse de 30 % dans les rapports de violence depuis 2009, les écoles de langue arabe ont montré une augmentation de 84 % pour la même période ».

 

LE PLUS. Selon (1) : « J’ai rêvé dernièrement que je dévalais les rues de Tel-Aviv avec une trottinette électrique. En fait, c’était plutôt un cauchemar car je hais ces trucs ; tout comme je hais les vélos électriques. Je vais même jusqu’à dire que les trottinettes et les vélos électriques sont la peste de notre époque. Vous trouvez que j’exagère ? OK, peut-être que ces deux roues super rapides ne posent pas de problèmes dans des pays comme l’Allemagne et la Suisse où le gros de la population se plie docilement aux règles et aux lois, mais ce n’est pas le cas en Israël.

Mon mari les déteste encore plus que moi. Quand un ami de 20 ans s’est acheté un vélo électrique, il lui a carrément tourné le dos. ‘Comment as-tu pu ? Tu es devenu un des leurs’. Si mon mari et moi considérons ces véhicules comme la version à deux roues du mégatron, c’est parce que nous sommes des gens prudents. Je tiens pratiquement toujours la main de mes enfants, même sur le trottoir. Sur l’aire de jeux, nous sommes souvent les seuls parents qui ne quittent pas leurs enfants des yeux et qui, si besoin est, les accompagnent dans leurs escalades, ce qui fait que je me sens souvent comme l’incarnation même des peurs allemandes car les Israéliens sont nettement plus décontractés en la matière. Trop décontractés ? Quand nous nous aventurons sur notre trottoir de la rue Dizengoff les enfants, mon mari et moi, nous manquons une fois sur deux de nous faire renverser par un vélo ou une trottinette électrique. Notre réaction ? Nous abreuvons le coupable d’insultes !

Sur ce point, nous redevenons des Israéliens typiques car nul, ici, ne garde ses critiques pour soi ou fait montre d’une agressivité passive telle que celle pratiquée dans mon pays natal, l’Allemagne. Le ‘pffffff’ et le ‘oooohhh’ allemands, c’est-à-dire des onomatopées indignées soufflées sur la nuque des contrevenants, ne marcheraient en aucun cas en Israël. Pour obtenir quelque chose ici, il faut au moins crier. Il est évidemment préférable à la fois de hurler et d’agiter les bras dans tous les sens. Et dès lors qu’on commence à agiter les bras, on n’est plus très loin de se taper dessus.

C’est pourquoi je ne suis pas surprise par le dernier rapport de l’OCDE précisant que dans les écoles en Israël la violence est six fois supérieure à celle dans les autres pays occidentaux. J’ai parfois l’impression qu’on apprend aux enfants dès le berceau à fonctionner en mode combat. Lors de mon premier vrai entretien en kita aleph, l’enseignante de maternelle a reproché à mon fils de deux ans de ‘n’être pas assez combattif’ et de ne pas ‘s’imposer pour défendre ses droits’. Je sais exactement ce qu’elle voulait dire par là. Il ne hurle pas sur les autres enfants, il ne les tape pas, ne les pousse pas et ne les mord pas. Ce qui, pour moi est le signe d’une éducation réussie était considéré par l’enseignante comme un défaut, une faiblesse de caractère. Eh oui, dès le berceau on apprend aux enfants israéliens à ne pas se laisser marcher sur les pieds, qu’il est bon d’être furieux et qu’il faut laisser libre cours à sa colère.

Mon cadet est le contraire de mon aîné. Il pique des crises, il tape, il pousse, il s’impose systématiquement. L’ironie est que, d’après les grands-mères, le grand est comme son père et le petit comme moi. Je reconnais que je n’aime pas me laisser faire, je n’ai jamais aimé, bien avant de m’installer en Israël. J’avoue aussi que je n’ai pas attendu de vivre en Israël pour piquer des colères, ce qui n’empêche pas mes parents allemands, lors de chaque visite à Tel-Aviv, de me demander pourquoi je suis si agressive. Je leur hurle alors :  ‘Je ne suis pas agressive, je suis Israélienne. C’est la seule manière de survivre ici’.

Et avant que je ne reçoive des lettres de lectrices et de lecteurs vivant depuis des décennies dans ce havre de paix qu’est Zurich et ne connaissant Israël qu’à travers de brèves visites qui me reprocheront de montrer la Terre Sainte sous un jour trop négatif, je tiens à préciser que j’apprécie en partie la rage et le comportement des Israéliens. Je trouve super que mon caractère emporté et colérique corresponde ici à la norme et que je puisse enfin être moi-même. Je trouve remarquable que les Israéliens ne tiennent jamais rien pour acquis, ni les lois, ni les comportements, et qu’ils refusent d’appliquer le principe du : „mais nous avons toujours fait comme ça“. J’aime qu’ils s’interrogent sur tout et soient toujours prêts à revoir leur position, ce qui explique aussi leur incroyable faculté d’innovation et leur énergie qui rayonne dans ce pays avec l’intensité d’un soleil d’août. Cette attitude, qui induit que les gens ont le cœur sur la main, sont francs et ne vivent pas avec un énorme ballast de sentiments refoulés finit toutefois par déborder sur le manque de considération,  l’ego des Israéliens et leur ‚Je me suis battu pendant 2000 ans pour survivre dans la diaspora et de toute façon le monde entier me déteste‘.

Revenons aux trottinettes électriques qui filent à toute vitesse en frôlant les passants ou qui sont laissées au milieu des trottoirs. Fous de rage, les passants insultent en hurlant les coupables alors qu’une discussion les yeux dans les yeux donnerait sûrement de meilleurs résultats et éviterait les hypertensions soudaines. C’est alors que les émigrants allemands convertis au judaïsme, comme moi, se disent : Bon sang, après 2000 ans d’errance nous avons enfin notre propre pays, la liberté, Jérusalem et autant de falafels que nous en désirons. Ne pourrions-nous pas être un peu plus aimables les uns envers les autres ?

Ce matin, une voiture était garée en travers sur le trottoir de l’école, bloquant le passage aux enfants et aux parents. Je suppose que le conducteur était soit ivre soit misanthrope. Tous les parents se sont énervés. L’un deux a même crié : ‘La voilà la face hideuse des Israéliens. Nous faisons partie du problème, pas de la solution’. Et je jure qu’au moins dix parents ont appelé la police ou se sont plaints à la municipalité. La rage était israélienne mais appeler la municipalité est très allemand. Voici ce que j’appelle un parfait mélange des genres ou, pour citer le merveilleux hymne israélien : od lo avda tikvatenu. Notre espoir n’est pas encore perdu. »

(1) http://israelentreleslignes.com/2019/06/colere-israelienne-et-pusillanimite-allemande/

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