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Accessible par vol direct à partir de Montréal, Tel Aviv est un improbable hybride avec ses plages couleur cassonade sur la Méditerranée, son facteur Humidex délirant, sa vitalité culturelle qui frise l’hyperactivité malgré une population relativement modeste (moindre que celle de Québec), son industrie techno rivale de Silicon Valley (ce qui attire des cerveaux du monde entier) et son tourisme homosexuel florissant.

C’est la fête chaque nuit (y compris pendant le sabbat). Plusieurs boîtes ne ferment qu’à l’aube. Une chroniqueuse de Forbes se demandait d’ailleurs l’an dernier si Tel Aviv n’était pas devenue la meilleure destination gastronomique mondiale. Je n’ai jamais vu une telle omniprésence des restaurants, une telle variété de cuisines ou un achalandage aussi permanent. Les gens d’ici mangent à toute heure. Même la nuit.

« Avec l’apparition des vols à rabais vers l’Europe, les jeunes Israéliens rapportent leurs trouvailles et les intègrent à la cuisine locale qui évolue très rapidement pour le mieux », explique Emmanuelle Adda, une animatrice de radio publique israélienne (Radio Kan) qui s’adresse aux francophones d’Israël et de la diaspora, une heure par jour.

Lors d’une première visite à Tel Aviv, en octobre, en marchant sur la plage, je finis par abandonner le « shalom » pour passer au « bonjour ». Je ne croise que des Français.

Début juillet, dans la masse des vacanciers lors de ma deuxième visite, le français ne prédomine plus, mais il s’entend partout. De toutes les plages de la ville, celle appelée La La Land est peut-être la plus franco-française, la plus chic et la plus chère. Non loin de là, un café appelé La Mer. Une dizaine de magazines en français sont offerts dans les kiosques un peu partout, la plupart gratuitement. Feuilletez-les ! Il y a toujours une grande vedette française en ville et une succession presque ininterrompue de festivals francophones de tout et de n’importe quoi : livre, théâtre, films, humour, comédies musicales, etc.

Sections bigarrées

Parlant de plages. Au nord, l’une est destinée aux gais et lesbiennes (et à quiconque préfère leur compagnie). À côté, on trouve une plage canine où pitou peut légalement s’ébrouer dans l’eau salée. En retrait et cachée se trouve ensuite une plage réservée aux juifs orthodoxes adeptes de la baignade unisexe (alternance homme-femme). Un côtoiement inusité.

Chez Rendez-vous, dans le quartier de Neve Tsedek, un restaurant tenu par d’anciens Toulousains, j’oublie que je suis en Terre sainte. Tout m’y semble franco-français : le décor, la clientèle, les groupes d’amis qui se font interminablement la bise, etc. « La culture francophone, pas juste celle de France, mais celle de Belgique, de Suisse et celle des pays du Maghreb, a apporté beaucoup de rondeur et de douceur à la culture israélienne qui était rugueuse », me dit Alain Asseraf, un producteur israélien de spectacles et de festivals en français, qui rêve d’accueillir un jour l’artiste québécois qui l’impressionne le plus : Grégory Charles. M. Asseraf s’apprête à lancer une plateforme d’achat de billets en Israël en français, qui (anglomanie française oblige) porte un nom anglais : culturaccess.com.

 

 

https://www.journaldemontreal.com/2018/09/08/tel-aviv-sous-influence-francaise

 

 

 

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