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Un article du Parisien (Copyright). Semion Rosenfeld, dernier survivant connu du camp d’extermination nazi de Sobibor et de la révolte qui s’y produisit, est décédé lundi à l’âge de 96 ans en Israël, a annoncé le président de l’Agence juive.  «Nous déplorons la disparition de Semion Rosenfeld, participant de la révolte de Sobibor, qui, dans l’horreur de la Shoah, est devenu un héros malgré lui», a indiqué dans un communiqué, Isaac Herzog.

Né en Ukraine, Semion Rosenfeld faisait partie de la cinquantaine de prisonniers qui avaient survécu à la fois au camp d’extermination de Sobibor, situé en Pologne alors sous occupation nazie, et à la Seconde Guerre mondiale. Ukrainien enrôlé dans l’armée soviétique, Semion Rosenfeld avait été fait prisonnier par les nazis et avait passé deux ans dans un camp à Minsk avant d’être envoyé à Sobibor. C’était 20 jours avant la révolte qui s’est déclenchée le 14 octobre 1943, la plus importante et la plus célèbre dans l’histoire des camps de concentration nazis. Conduits par un autre prisonnier de guerre juif de l’armée soviétique, Alexander Pechersky, armés d’outils et decouteaux, les détenus ont tué 11 officiers nazis et s’étaient emparés d’armes, mais avaient été découverts.

De nombreux prisonniers sont morts sous les balles des gardes, d’autres sur les mines enterrées autour du camp.

Près de 300 prisonniers avaient réussi à s’enfuir en perçant une brèche dans les barbelés. Près de 170 révoltés avaient été capturés par les nazis et fusillés.

Semion Rosenfeld est resté caché des mois dans les bois, jusqu’au printemps 1944, a réintégré l’armée soviétique et participé à la prise de Berlin, selon la presse israélienne.

«Les derniers témoins disparaissant, la responsabilité de raconter leurs actes héroïques nous incombe», a dit dans un communiqué le président de Yad Vashem, Avner Shalev.

Semion Rosenfeld a été enterré à Bnei Ayish. Il laisse derrière lui deux fils et cinq petits-enfants.

 

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