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Au cours des cinq dernières années, les relations entre l’Égypte et Israël se sont constamment améliorées, les deux pays étant confrontés à la même menace étatique islamique aux frontières du Sinaï. Mais ce positionnement n’est pas partagé par les médias égyptiens, dont une grande partie serait contrôlée par les services de renseignement gouvernementaux.

Compte tenu de ce niveau de contrôle, il est particulièrement décourageant de voir que pendant le Ramadan, période pendant laquelle les séries télévisées égyptiennes se disputent l’attention du public national et du monde arabe au sens large, les séries télévisées ont quasi-constamment véhiculé des représentations négatives d’Israël et des Juifs.

Par exemple, l’émission Kalabsh s’est appuyée sur de telles représentations depuis sa première diffusion en 2017, et les téléspectateurs égyptiens l’ont adoptée. L’un des principaux méchants de l’émission cette saison est un homme d’affaires local qui a été renvoyé de son poste de diplomate au ministère des Affaires étrangères pour avoir eu une liaison suspecte avec une femme juive américaine Mizrahi. Cette femme le recrute pour aider des ONG internationales qui visent à porter atteinte à la sécurité nationale égyptienne. Le héros de l’émission, un policier égyptien qui lutte contre le terrorisme, les arrête tous les deux. Les producteurs de Kalabsh ont félicité le ministère de la police de les aider à donner une « image honnête » des forces de l’ordre égyptiennes.

De nombreux clichés se succèdent dans ces séries :

  • Des sociétés américaines, financées par des hommes d’affaires sionistes, conspirent contre l’Égypte,.
  • Les ONG sont des entités suspectes infiltrées par les espions israéliens,
  • Le terrorisme dans le Sinaï est un complot sioniste visant à déformer l’image de l’Islam.
  • L’État islamique est une création israélienne,
  • Israël aspire à reprendre le Sinaï, etc, etc …

Ces thèmes contredisent donc certaines les discours publics de Sisi, reflétant peut-être le jonglage qu’il se sent obligé de faire pour maintenir la légitimité nationale, apaiser les institutions religieuses locales et, simultanément, renforcer les relations extérieures du Caire.

Source : Washington Institute & Israël Valley

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