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Un article de Guillaume Lenorman pour Israël Valley. En février a paru un recueil dirigé par Zeev Sternhell : « L’Histoire refoulée – La Rocque, les Croix-de-Feu, et le fascisme français » et ce livre a relancé la polémique sur l’existence d’un fascisme français dans l’entre-deux-guerres et notamment sur le rôle du colonel François de La Rocque, ancien président des Croix de feu, et fondateur du Parti social français.
Selon Z. Sternhell, il a existé dans l’Hexagone un parti fasciste de masse et que le fascisme était né en France au tournant des XIXe et XXe siècles.

Pour Didier Leschi, haut fonctionnaire et président de l’Institut européen en sciences des religions, qui a écrit dans l’ouvrage de Zeev Sternhel, le colonel de la Rocques était, vis-à-vis des Juifs, en adéquation avec Pétain ou Maurras. Comme eux, il pensait –selon l’historien – que la première coupable de la « purulence juive » c’est la franc-maçonnerie.

L’historien Serge Berstein s’est cependant toujours opposé à cette thèse a répondu que cette théorie est en contradiction avec les résultats des travaux historiques menés par la quasi-totalité des historiens français et étrangers spécialistes de la période.

Le débat est donc vif entre les historiens sur cette figure controversée, mais dans l’éditorial du 5 octobre 1940 du Petit Journal, La Rocque s’opposait au premier statut des Juifs en écrivant : « Les Juifs naturalisés depuis plusieurs générations appartiennent en principe, et de droit, à la grande famille civique. On ne concevrait pas que fussent prises à leur égard des sanctions préventives auxquelles la plus exacte vigilance nationale n’aurait point recouru avant notre défaite. » et s’attirait ainsi les critiques du collaborationniste Jacques Doriot qui dénonçait alors La Rocque comme « le défenseur le plus actif » des juifs.

Le colonel de la Rocque est mort après la guerre des suites de sa déportation en Allemagne, s’est toujours opposé aux nazis et plusieurs de ses fils sont morts pour la France.

Source : Marianne & Israël Valley

 

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