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La principale raison de l’échec du Premier ministre a été son incapacité à obtenir le soutien d’Israel Beytenou, le parti d’extrême droite dirigé par son ancien ministre de la Défense Avigdor Lieberman, qui a remporté cinq sièges à la Knesset lors du dernier scrutin.

Lieberman a déclaré qu’il ne ferait pas partie d’un gouvernement dans lequel siègeraient également les partis ultra-orthodoxes Shas et Judaïsme unifié de la Torah en raison d’un désaccord concernant un projet de loi sur la conscription militaire.

Ce dernier obligerait les haredim (ultra-orthodoxes) occupés à étudier la Torah à rejoindre les forces armées israéliennes – une exigence dont ils sont pour le moment exemptés. Avigdor Lieberman affirme depuis longtemps que les hommes israéliens devraient se partager équitablement le fardeau du service militaire.

Mercredi, sur sa page Facebook, Lieberman a tenu le Likoud responsable de la convocation de nouvelles élections, affirmant que le parti avait refusé de voter le projet de loi ultra-orthodoxe.

Cependant, quelques heures avant minuit, le porte-parole du Likoud, Jonathan Urich, a tweeté : « Ce n’est pas la conscription et ce ne sont pas les ‘’principes’’. Lieberman veut détruire Netanyahou. Le reste, c’est du baratin. »

Bien qu’il soit hautement improbable que Lieberman puisse remporter les prochaines élections, les derniers événements semblent avoir considérablement renforcé sa position, lui octroyant possiblement le rôle de « faiseur de roi » lors du prochain scrutin.

Certains commentateurs ont également vu les actions d’Avigdor Lieberman comme une tentative de renforcer sa position dans la course à la tête du gouvernement une fois que l’ère Netanyahou aura pris fin.

Cinquième élection en dix ans

Alors que la dissolution du Parlement israélien a permis à Benjamin Netanyahou d’éviter ce qui est pour lui le pire des scénarios – à savoir que le président israélien Reuven Rivlin choisisse une autre personne pour tenter de former un gouvernement –, celle-ci a renvoyé le pays face à la perspective d’une autre campagne électorale clivante.

Aucun parti n’a jamais obtenu une majorité absolue à la Knesset, faisant des gouvernements de coalition la norme, mais la tenue d’élections si rapprochées est sans précédent dans l’histoire d’Israël. La dissolution de la Knesset signifie qu’Israël tiendra sa cinquième élection depuis 2009.

Benyamin Netanyahou, qui reste au pouvoir en attendant, devrait toujours devenir en juillet le Premier ministre israélien le plus longtemps en exercice, surpassant le père fondateur d’Israël, David Ben Gourion. À 69 ans, Netanyahou a clairement fait savoir qu’il avait l’intention de se représenter et de remporter ces élections.

Les enjeux ne pourraient être plus importants pour le dirigeant israélien, qui fait face à trois mises en examen pour corruption. Netanyahou a nié tout acte répréhensible dans ces affaires et devrait plaider non-coupable lors d’une audience préliminaire fixée à début octobre par le procureur général, qui a annoncé son intention d’inculper le Premier ministre en février dernier.

Depuis les élections d’avril, l’attention du public était d’ailleurs moins centrée sur la formation de la coalition que sur les démarches que les partisans de Netanyahou pourraient effectuer au Parlement pour lui accorder l’immunité.

Il ne fait aucun doute que Netanyahou aurait préféré une élection anticipée, mais les campagnes électorales israéliennes doivent, conformément à la loi du pays, durer au moins 90 jours, d’où la date du mois de septembre.

Or, la date de ces nouvelles élections, soit à peine deux semaines avant l’audience préliminaire de son procès, semble anéantir ses chances de bénéficier de l’immunité, et ce même s’il remportait le scrutin.

Une autre course Netanyahou-Gantz ?

Bien que le Likoud ait jusqu’à présent serré les rangs autour de Netanyahou, cela est susceptible de changer si les membres du parti sentent que le Premier ministre est en position de faiblesse, incapable de former une coalition. Gideon Saar et Israel Katz sont des rivaux possibles à Netanyahou au sein du Likoud.

Benny Gantz sera probablement à nouveau l’un des principaux rivaux de Benyamin Netanyahou dans la bataille pour le poste de Premier ministre. Bien qu’il soit novice en politique, Gantz, un ancien chef d’état-major, s’est révélé être un sérieux rival lors du scrutin d’avril.

Fils de survivants de l’Holocauste, Benny Gantz a servi dans l’armée de 1977 à 2015, date à laquelle il a démissionné de son poste de commandant.

Il a récemment créé un parti centriste, Bleu Blanc, qui a fait campagne en avril en promettant un gouvernement propre, la paix et la sécurité. Le parti a remporté 35 sièges à la Knesset, autant que le Likoud.

Bleu Blanc compte parmi ses personnalités les plus en vue Yaïr Lapid, ancien ministre des Finances (centre-gauche), et Moshe Ya’alon, ancien ministre de la Défense (droite).

Benny Gantz a appelé à poursuivre les discussions de paix avec les Palestiniens tout en maintenant les intérêts israéliens en matière de sécurité. Il a indiqué qu’il ferait des concessions territoriales envers les Palestiniens, mais a évité la question de la création d’un État palestinien.

Avant les élections d’avril, Benyamin Netanyahou avait pour sa part annoncé qu’il déclarerait la souveraineté israélienne sur les colonies en Cisjordanie occupée – soit une possible annexion – s’il remportait un autre mandat.

Ses relations personnelles étroites avec le président des États-Unis, Donald Trump, devraient également occuper une place importante dans la campagne.

Cependant, il est difficile de dire comment les troubles politiques en Israël affecteront les perspectives de réussite du plan de paix plan élaboré par l’administration Trump, surnommé l’accord du siècle, dont l’annonce est depuis longtemps retardée.

Traduit de l’anglais (original).

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