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Vision stupéfiante. On croit rêver. Des officiers de police palestiniens tombent dans les bras de leurs homologues israéliens sur l’un des lieux les plus symboliques de l’occupation, le point de passage de Kalandia, entre Jérusalem et Ramallah.

Ces officiers ne se cachent pas, ils n’essaient même pas d’être discrets. Ils assument cette coproduction sécuritaire comme une évidence, une nécessité en partage. Tous les gradés se saluent chaleureusement, claques dans le dos et poignées franches. En ce deuxième vendredi de ramadan, le 17 mai, ils gèrent ensemble une immense affluence.

Les haut gradés palestiniens sont venus faire un point avec les maîtres du nouveau terminal inauguré cette année, si propre, si moderne. On compare les derniers messages sur les portables. « Déjà 25 000, et il n’est que 9 heures ! » Dans la chaleur accablante, dès l’aube, les Palestiniens ont afflué vers Kalandia avant de prendre la route de la vieille ville de Jérusalem. Tous se rendent à l’esplanade des Mosquées, où se trouve Al-Aqsa, troisième lieu saint de l’islam.

Critères de passage assouplis

Abou Walid Alami, 55 ans, ingénieur mécanicien travaillant en temps normal en Jordanie, a fait le déplacement avec sa fille. C’est la première fois que l’adolescente découvrira Al-Aqsa pendant le ramadan, et ses yeux en brillent d’émotion. Khaled Sekhem, 42 ans, est aussi mu par cette idée de transmission. Le chauffeur de bulldozer, qui travaille en Israël depuis deux ans, est accompagné par ses trois fils. « Ils doivent apprendre à prier et à connaître Al-Aqsa comme leur maison », dit-il.

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/05/22/entre-ramallah-et-jerusalem-un-terminal-neuf-pour-rendre-l-occupation-plus-fluide_5465274_3210.html

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