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Le groupe d’Electronicore islandais a brandi les drapeaux des fiertés LGBT+, de la fierté transgenre et de la Palestine lors de l’édition 2019 du concours de chansons qui se tenait samedi 18 mai en Israël. Les Palestiniens ont fait savoir que ce groupe ne les représentait pas du tout. Ils auraient préféré que les musiciens islandais boycottent simplement cet évènement.

En Palestine, il n’existe aucune reconnaissance légale de l’homosexualité, le partenariat domestique ou union civile n’existent pas. En Cisjordanie, il n’y a aucune reconnaissance des droits LGBT et ceux-ci sont victimes de violences. Les homosexuels de Gaza peuvent toujours être poursuivis pour homosexualité.

En janvier 2010, un Palestinien a demandé le droit d’asile en Israël suite aux persécutions qu’il subissait. Alors qu’il était en situation irrégulière sur le territoire israélien et devait être reconduit en Palestine, la Cour suprême d’Israël a ordonné le droit d’asile pour cette personne du fait que « sa vie risque d’être en danger en Palestine du fait de son homosexualité ».

TIMES OF ISRAEL. Le BDS rejette le geste pro-palestinien du groupe islandais à l’Eurovision. Le mouvement du boycott a qualifié le protestation du groupe islandais Hatari de « geste insignifiant » et a critiqué le groupe pour sa participation.

DANS LE FIGARO. « Le groupe islandais Hatari étonnait déjà de par son style musical, l’Electronicore, et ses costumes de scène aux allures sado-maso. Mais s’ils ont attiré l’attention, lors de l’édition 2019 de l’Eurovision qui se déroulait en Israël ce samedi soir, c’est à la suite de séquences indépendantes de leur prestation scénique: lors de la présentation des groupes, ils ont d’abord brandi le drapeau des fiertés LGBT+ et celui de la fierté transgenre. Puis, lors de l’annonce des résultats, deux banderoles aux couleurs du drapeau palestinien. Quelques minutes après la fin de l’émission, le drapeau palestinien était également posté sur le compte Instagram du groupe.

Des gestes politiques interdits par le règlement de l’Eurovision, mais tout à fait prévisibles. Le groupe, créé en 2015 et composé de trois membres, lemens Nikulásson Hannigan, Matthías Tryggvi Haraldsson and Einar Hrafn Stefánsson, n’a en effet jamais caché ses prises de position en faveur de la Palestine, ni son hostilité à l’égard de Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien. En plus de se présenter comme ouvertement anti-capitaliste.

Depuis qu’ils ont été sélectionnés, via un télécrochet, pour représenter l’Islande, les membres du groupe ont affirmé à plusieurs reprises leur intention de faire passer un message politique en participant au concours. Appelés à boycotter le concours par des organisations palestiniennes, les membres du groupe avaient notamment répondu qu’ils pensaient «utiliser leur présence pour politiser l’événement». «Nous avons déjà réussi à le politiser, et souhaitons pouvoir parler encore plus librement» avaient-ils affirmé, selon le magazine The Reykjavik grapevine .

Dans un registre plus ironique, ils avaient également invité le dirigeant israélien à participer à un combat de lutte à Tel Aviv ce dimanche 19 mai. Et s’arrogeaient, en cas de victoire, le droit d’établir «la première colonie libérale BDSM parrainée par Hatari sur la côte méditerranéenne».

Leur chanson en elle-même porte un message politique. Intitulée «Hatrid mun sigra», «La haine vaincra», elle se veut «un reflet du pouvoir et de l’impuissance, de l’espoir et du désespoir», indique l’un des membres du groupe au magazine The Reykjavik grapevine. «Si les gens ne s’unissent pas, ne s’aiment pas, la haine vaincra. C’est une réalité qui existe depuis peut-être 70 ans en Palestine et en Israël. Nous pensons donc que ce message parle à l’échelle internationale, mais aussi et surtout parce que la compétition se tient en Israël.» »

http://www.lefigaro.fr/international/qui-est-hatari-le-groupe-islandais-qui-a-cree-la-polemique-a-l-eurovision-2019-20190519

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