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Un article de Nathalie Sosna-Ofir (page facebook)

Pessah, les portes de la Synagogue du Caire, Shaar Hashamayim, un bâtiment de style Art nouveau du début du XXe siècle, resteront closes. Après un exode massif vers Israël après 1948, l’ancienne communauté qui comptait autrefois plus de 100.000 membres représente à présent à peine 20 personnes qui tentent cependant de sauvegarder des synagogues vides.

Derrière le marché animé du quartier Muski, au cœur du Caire, les ruelles mènent à l’ancien quartier juif de Harat al-Yahud, On y trouve les ruines de la synagogue Rabbi Chaim Kfussi, l’une des plus grandes autorités halachiques du judaïsme égyptien au XVIIe siècle. Ses fenêtres et ses portes sont verrouillées. Son dôme unique, rappelant les églises coptes, s’est écroulé.

Des sacs de ciment sont appuyés sur les murs, indiquant le début de la restauration. En effet, le gouvernement Egyptien investit déjà des dizaines de millions de dollars pour restaurer le patrimoine Juif. Entre autres la Grande Synagogue d’Alexandrie dont le toit s’est récemment effondré, ou l’ancien cimetière juif du quartier de Bastien dans la capitale égyptienne.

La question de la présence juive en Égypte et de la préservation de son patrimoine a surgi dans le débat il y a quelques semaines quand Abdel Fatah Al Sissi, le président egyptien, déclare aux membres de la délégation de l’American Jewish Committee que si les Juifs souhaitaient faire revivre la communauté juive égyptienne agonisante et revenir en Egypte, son gouvernement serait disposé à construire des synagogues et autres institutions communautaires. Le principal problème de nos jours reste l’ignorance et la confusion communes au peuple égyptien et au monde arabe en général.

Le conflit israélo-arabe et notamment israélo-palestinien déforme l’image des Juifs et la plupart des égyptiens ne savent pas vraiment faire la distinction entre juif, israélien et sioniste.

Pour Munir Mahmud, chercheur et enseignant en hébreu, en 2013, après la révolution populaire contre les Frères musulmans, on ressent une nette tendance du peuple égyptien à œuvrer pour le renouveau de la coexistence entre toutes les communautés de la société égyptienne. Il fallait réparer les fractures du mandat de Moubarak et Morsi et restaurer l’héritage multireligieux de l’Égypte, dont le judaïsme fait partie. « Aujourd’hui en Egypte il y a 17 départements d’histoire hébraïque et juive académiques d’où sortent chaque année 2.000 diplômés.

Deux centres de service téléphonique en hébreu fournissent même des services aux touristes israéliens. Un tourisme qui atteint de nouveaux sommets ces derniers mois. « vous êtes sortis d’Egypte, et vous y revenez, mais pour seulement quelques jours, les Juifs ne reviendront pas vivre en Egypte comme l’y a appelé Al Sissi, je n’y crois pas » poursuit Munir Mahmud.

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