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Le journaliste israélien Yossi Melman vient de publier une tribune dans le magazine Foreign Policy où il demande à ce que Israël reconnaisse officiellement le génocide arménien commis par le pouvoir turc de l’époque. Selon lui, « les Arméniens et les Juifs ont été victimes de massacres prémédités et le gouvernement israélien doit faire passer la justice avant l’opportunisme politique et appeler le crime par son nom ».

A la suite de sa visite au Mémorial du génocide arménien de Tsitsernakaberd. Yossi Melman dit qu’en dépit de l’expérience commune du génocide, Israël et l’Arménie sont aujourd’hui deux mondes à part.

« Israël a toujours refusé de reconnaître que ce qui est arrivé au peuple arménien était un génocide. Cette décision ne découle pas tant d’un désir de monopoliser la victimisation et de présenter l’Holocauste comme un événement historique unique et sans pareil. C’est avant tout un stratagème politique cynique. Depuis la fin des années 1950, la Turquie a été un allié stratégique puissant d’Israël. Il existait des liens étroits entre les services de renseignement et de sécurité des deux pays, ce qui fait que les initiatives pour demander la qualification de génocide ont été bloquées par les différents gouvernements.

Si, depuis, les relations entre la Turquie et Israël se sont détériorées, Israël reste catégorique dans son refus de reconnaître le génocide arménien, car Ie pays a commencé à vendre à l’Azerbaïdjan des armes qui sont utilisées par ce dernier contre l’Arménie en échange de pétrole. De leur côté, les services de renseignements israéliens utilisent l’ Azerbaïdjan comme tremplin pour des opérations contre l’Iran.

« Il est temps qu’Israël mette fin à ses propos évasifs sur l’Arménie au service d’intérêts économiques grossiers. Un génocide est un génocide. C’est l’obligation morale d’Israël envers l’humanité, et envers la mémoire des 6 millions de Juifs assassinés pendant l’Holocauste, de reconnaître le génocide arménien, tout comme il a reconnu le génocide rwandais « , a conclu Yossi Melman.

Source : Foreign Policy & Israël Valley

 

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