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Un article de Dorane Vignando (Copyrights). Bauhaus ensoileillé

En remontant le boulevard Rothschild, où l’on sert à l’ombre des sycomores smoothies et oranges pressées, on tombe sur le véritable trésor de la ville : le plus grand ensemble d’architecture Bauhaus au monde, qui se dévoile dans un fascinant jeu d’ombre et de lumière.

Une bonne occasion de replonger dans l’histoire de ce mouvement moderniste, né à Weimar en 1919 et qui fête ses 100 ans cette année. Des années 1930 à 1950, sous l’impulsion d’architectes comme Joseph Neufeld, Carl Rubin ou Erich Mendelsohn, plus de 4.000 immeubles sont sortis de terre, s’adaptant au climat local : blanches façades et balcons tout en rondeur.

On les admire surtout au détour du bouillonnant marché du Carmel, dans le quartier Bialik, autour de la place Dizengoffvec son célèbre Cinema Hotel (1938), entièrement rénové. Longtemps négligé, ce patrimoine inscrit à l’Unesco est aujourd’hui choyé.

Le mieux est encore de le découvrir lors d’une visite guidée organisée par le Centre Bauhaus Dizengoff. Architecture toujours, mais contemporaine, il ne faut pas manquer non plus le Musée du Design de Holon, situé dans la banlieue sud. Salué par la critique, le bâtiment rouge tout en spirale sinueuse est signé du designer star israélien Ron Arad.

En remontant vers le cœur de la cité, le quartier de Florentin déroule ses galeries d’art alternatives, échoppes de mode vintage et murs tapissés de street art. On s’arrête à la Under a Thousand Gallery, rue Abarbanel, avant d’aller chiner des bouquins rue Haim Vital, ou des vinyles et des fringues de seconde main rue Nahalat Binyamin ou Simtat Beit Habad. Surtout, une jungle graphique se concentre dans le coin, jusqu’au dernier étage de la Central Bus Station, lieu accueillant les œuvres d’une cinquantaine de street artists internationaux et locaux comme Sened, Murielle, Dede, Frenemy…

« Leur art est immédiat, cru et engagé. Il dit sans détour les souffrances d’une société qui s’est modernisée trop vite », avance le journaliste spécialiste d’art urbain Michel Fily.

La ville la plus animée d’Israël est ainsi devenue une toile géante où les murs livrent leurs messages et autres critiques politiques à l’égard de « Bibi » (Benjamin Netanyahou).

https://o.nouvelobs.com/voyage/20190327.OBS2542/plongee-au-c-ur-de-tel-aviv.html?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR3v9k0NqygQUATCU27sWwnns_0IGdYVQj6DC14-cP5EkM632Ef7W9zWIZE#Echobox=1553880082

 

 

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