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On ne compte plus les campagnes publicitaires, les sites Internet ou les messages de soutien des politiques israéliens envers la communauté LGBT. Certes, l’homosexualité a été dépénalisée en 1988, les mariages de même sexe contractés à l’étranger sont reconnus et la GPA (gestation pour autrui) est ouverte aux couples homosexuels depuis 2014. Mais derrière cette façade se cache une réalité différente, surtout en dehors de Tel-Aviv.

A Jérusalem, impossible pour un couple gay israélien de s’afficher, de s’embrasser ni même de s’habiller librement. Une vidéo, produite par le site d’information Ynet, montre bien cette réalité. Deux hommes marchent main dans la main dans l’ouest de Jérusalem et tout au long de la minute trente que dure la vidéo, ils reçoivent une volée d’insultes sur leur passage et des regards désapprobateurs.

La ville de Tel-Aviv est-elle l’eldorado vendu dans les prospectus ? Aucun doute, estime Shay, manageur d’un des plus grands bars gays de « la ville qui ne dort jamais ». « Tel-Aviv est une ville très tolérante. Regardez, on accepte même les hétérosexuels », plaisante l’organisateur de soirées. Il estime que 30 % des habitants de la ville sont homosexuels. Un chiffre impossible à vérifier. Mais ce qui est sûr, c’est qu’une quarantaine de bars gays ou gay-friendly se partagent le marché de la nuit. Contre un seul endroit de la sorte à Jérusalem.

Selon le dernier rapport de l’ONG israélienne Aguda, les incidents en dehors de Tel-Aviv contre les membres de cette communauté sont légion : refus de louer à un couple du même sexe, de le servir dans un restaurant, insultes et agressions. Les violations des droits des homosexuels se comptent par centaines.

  • A SAVOIR. DES FIGURES MARQUANTES DE LA COMMUNAUTE LGBT.
  • Le , Michal Eden (Meretz) est élue conseillère municipale de Tel-Aviv-Jaffa, elle devient la 1re élue ouvertement lesbienne d’Israël.
  • Le , Uzi Even (en) (Meretz) devient membre de la Knesset à la suite de la démission de Amnon Rubinstein. Uzi Even étant le 1er non élu de la liste qui s’était présentée aux élections législatives de 1999, c’est lui qui est amené à le remplacer, il devient alors le premier homme politique israélien ouvertement homosexuel à siéger à la Knesset. En 15e position de la liste Meretz lors des élections législatives de 2003, la liste obtenant six sièges, il n’est pas réélu.
  • Le , Etai Pinkas (Meretz) prend la suite de Michal Eden en étant élu conseiller municipal de Tel-Aviv-Jaffa. Lors de ces mêmes élections, Saar-Ran Netanel (Meretz) est élu au conseil municipal de Jérusalem.
  • Le , à l’occasion des élections locales, deux hommes ouvertement homosexuels rejoignent Etai Pinkas pour siéger au Conseil municipal de Tel-Aviv-Jaffa: Yoav Goldring (Une ville pour tous) et Yaniv Weitzman (La jeunesse de la ville). Ils seront rejoints au début 2013 par Eran Lev (Meretz).
  • Le marque un nouveau pas avec l’arrivée majeure de personnes LGBT dans les conseils municipaux en Israël: avec quatre élus à Tel-Aviv-Jaffa (Etai Pinkas et Mickey Gitzin pour le Meretz et les indépendants Efrat Aviv et Yaniv Weizman) ; et des élus à Jérusalem (Saar-Ran Netanel) et Givatayim (Tzipora Obziler).
  • Lors des élections législatives de 2009 et de 2013, Nitzan Horowitz, ouvertement gay est élu et réélu à la Knesset.
  • Dans son livre Mirage gay à Tel Aviv (2017), le journaliste Jean Stern explique que la mise en valeur de Tel-Aviv-Jaffa comme ville LGBT-friendly relève en réalité selon lui d’une stratégie de communication de « pinkwashing » pour laquelle Israël a dépensé plusieurs dizaines de millions d’euros.
  • Elle a été mise en place par la ministre des Affaires étrangères entre 2008 et 2009 Tzipi Livni, avec « des campagnes d’invitation de journalistes gays et du marketing direct dans les médias LGBT ». Jouant sur le fantasme oriental de l’homme militaire israélien, cette politique tenterait, selon l’auteur, d’atténuer en termes d’image l’action d’Israël dans les territoires palestiniens.
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