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Les jeunes entrepreneurs kenyans voient dans les challenges multiples qui assaillent Nairobi, la capitale, autant d’opportunités. A chaque problème, sa start-up. A Nairobi, elles sont partout, proposant de collecter et de recycler les déchets; d’ « ubériser » les milliers de matatus (minibus) et de boda-bodas (motos taxis); de fournir des solutions d’énergie propre aux ménages modestes; ou bien de se faire livrer tout et n’importe quoi, n’importe où.

Le Kenya n’est pas le numéro un Africain en matière de richesses, de croissance (entre 5 % et 6 % chaque année depuis cinq ans, tout de même) ou de population. Mais c’est un carrefour pour entrepreneurs, option digitalisation et le pays possède l’écosystème technologique le plus avancé du continent. Le Kenya totalise environ un millier de start-up, à égalité avec le Nigeria dont la population (près de 200 millions d’habitants) est pourtant quatre fois supérieure.

Le boom des infrastructures télécoms a joué un rôle important. Le réseau téléphonique et la 3G voire 4G sont accessibles sur presque tout le territoire. Quand beaucoup de ses pays voisins sont prompts à couper le Net, le gouvernement laisse les mains libres aux opérateurs télécoms il détient 35 % du numéro un national Safaricom mais ne le contrôle pas. Cet effacement a donné naissance à une innovation majeure : M-Pesa, disponible sur Safaricom grâce au réseau téléphonique ou Internet. M-Pesa est devenu un pilier de l’économie kényane. Des factures d’électricité jusqu’au kilo de tomates, on paie tout avec cet outil par lequel transiterait la moitié du PIB.

Cependant, il y a un déficit de talents et il y a énormément d’expatriés parmi les entrepreneurs et les écoles de code ne parviennent pas à répondre à la demande grandissante.

Pour faire vivre sa Silicon Savannah, le gouvernement s’est lancé un défi herculéen : construire une ville consacrée aux nouvelles technologies à 50 kilomètres de Nairobi. Konza City sera une ville ultramoderne », avec des universités, des incubateurs, des logements et « toutes les infrastructures pour démarrer une entreprise.

Source : Le Monde & Israël Valley

 

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