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Mme Élisabeth LAMURE – Je me tourne vers la partie française et vers M. Chouchan, qui travaille pour STMicroeletronics en Israël depuis plus de dix ans. Cette société est née en 1987 de la fusion du français Thomson Semiconducteurs et de la société italienne SGS.

Elle développe, fabrique et commercialise des puces électroniques. STMicroelectronics est devenue l’un des tout premiers acteurs mondiaux du secteur économique de la production de semi-conducteurs. Votre groupe est partenaire de plusieurs start-up israéliennes et vous venez de fonder à Tel Aviv, en tout début d’année, un programme d’accélérateur de start-up, ST-up.

Pourquoi avoir misé sur Israël ? Qu’attendez-vous du soutien de STMicroelectronics à l’accélération de start-up dans le hardware avec ce nouveau programme ? Que retirez-vous des partenariats déjà noués avec les start-up israéliennes ?

M. Stéphane CHOUCHAN – STMicroelectronics est un fabricant de semi-conducteurs. Ce n’est pas habituel dans le monde des start-up, qui produisent plutôt des logiciels ou autres.

L’ADN de STMicroeletronics est surtout son orientation stratégique, qui fait que l’on est aujourd’hui en phase avec le monde des start-up dans le semi-conducteur et dans l’électronique en Israël. L’internet des objets et la mobilité intelligente sont en effet en adéquation totale avec le portefeuille de compétences de STMicroelectronics.

STMicroelectronics est un des leaders européens du semi-conducteur, avec un chiffre d’affaires de 8,35 milliards de dollars en 2017 et 120 millions de dollars domestiques en Israël, ce qui fait de STMicroeletronics l’un des plus grands acteurs du semi-conducteur en Israël.

Il fallait cependant ouvrir le partenariat à d’autres projets. C’est pourquoi nous sommes allés vers les start-up et d’autres grands groupes.

Nous menons depuis plus de quinze ans des partenariats avec Mobileye ou Valens, mais nous nous sommes également stratégiquement rapprochés de Cisco, Mellanox ou autres. Nous partageons également des projets avec des centres de design. Nous ne sommes en effet pas toujours facilement identifiables. Or les centres de design constituent parfois une aide précieuse dans ce domaine.

Nous menons aussi des partenariats avec les universités, comme le Technion ou l’université de Tel-Aviv. Pour cela, nous détectons des talents, du savoir-faire, des technologies en avance de phase. Il est aisé de miser sur ces secteurs. Il s’agit d’un rapport d’entrepreneuriat et d’un investissement technologique à long terme.

Comment STMicroelectronics gère-t-elle son implantation en Israël ? Ainsi que vous l’avez rappelé, nous y avons ouvert un accélérateur. Les grands groupes et les PME considèrent encore Israël sous un angle qui n’est pas toujours technologique ni économique.

En ce qui nous concerne, il s’agit d’un partenariat technologique. Après avoir ouvert un centre de ventes en 2002 et un centre de recherche et développement en 2012, il nous est apparu logique d’ouvrir un centre d’innovation en 2018.

Les petites start-up ou les groupes innovants ne bénéficient pas toujours d’une entrée chez STMicroeletronics. Convaincre des départements nécessite énormément de temps. Nous favorisons donc l’accès à la technologie, aux centres de recherche et développement, aux unités commerciales, aux manufactures, qui font défaut à la plupart des sociétés israéliennes. Dans le monde du semi-conducteur, cette expertise est d’une grande valeur.

Nous leur offrons surtout un accès direct à notre partenariat stratégique avec les investisseurs ou les grands groupes automobiles ou industriels, ce qui représente pour eux un gain de temps énorme. Nous jouons en quelque sorte le rôle de « grand frère technologique », qui rend possible des projets parfois assez ambitieux du point de vue industriel.

http://www.senat.fr/ga/ga149/ga1492.html

LE PLUS.

LA START-UP NATION ET LA FRENCH TECH EN ACTION

Modérateur : Mme Élisabeth LAMURE, présidente de la délégation sénatoriale aux entreprises, sénateur du Rhône

Ont participé à cette table ronde :

M. Stéphane CHOUCHAN, Ambassadeur French Tech Israël, Conseiller du commerce extérieur et directeur pays pour Israël de STMicroelectronics

M. Éric COHEN, fondateur et Président-directeur général du groupe Keyrus

Mme Valérie HOFFENBERG, Présidente du Connecting leaders club

M. Stéphane LASFARGUE, Directeur général du processus d’innovation et du développement durable du groupe Renault

M. Raphaël LAYANI, Directeur des ventes chez Mobileye

M. Jean-David UZAN, Directeur commercial France de Trucknet

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