Partager

Aujourd’hui, même les plus petits pays peuvent acheter des services d’espionnage numérique, ce qui leur permet de mener des opérations sophistiquées comme l’écoute électronique ou des campagnes d’influence qui étaient autrefois réservées aux grandes puissances comme les États-Unis et la Russie. Les entreprises qui veulent scruter les secrets de leurs concurrents, ou un individu fortuné qui s’en prend à un rival, peuvent aussi commander des opérations de renseignement à un prix qui s’apparente à l’achat d’éléments standard de la National Security Agency ou du Mossad.

Parmi les prestataires de ces services, l’un des principaux est NSO, fondée par Shalev Hulio et Omri Lavie, diplômés de l’Intelligence Unit 8200. Ils ont créé en 2008 un logiciel qui permettait aux entreprises de téléphonie mobile d’accéder à distance aux appareils de leurs clients pour effectuer la maintenance. Les services d’espionnage occidentaux ont vite compris que cette technique pouvait craquer les communications des criminels et des terroristes qui utilisaient des canaux cryptés indéchiffrables et très vite, NSO a vendu son système aux gouvernements du monde entier qui l’ont parfois utilisé à des fins répressives.

La société a mis en place un comité d’éthique, qui décide si elle peut vendre ses logiciels espions à des pays en fonction de leurs antécédents en matière de droits de l’homme. NSO dit qu’elle ne vendrait pas à la Turquie, en raison de son piètre bilan en matière de droits de l’homme, mais a comme clients le Mexique et l’Arabie Saoudite, qui ne figurent pas parmi les pays les plus recommandables.

Beaucoup d’entreprises tentent de reproduire le succès de NSO et de rivaliser dans ce que Moody’s estime être un marché de 12 milliards de dollars pour les logiciels espions dits licites d’interception. Une concurrence féroce existe pour engager des vétérans américains, israéliens et russes des agences de renseignement les plus sophistiquées du monde et deux autres sociétés israéliennes sont présentes sur ce marché : Black Cube et Psy-Group, en rivalité avec DarkMatter qui est émirati.

Source : New York Times & Israël Valley

 

Partager