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Un article de Jean Klein pour Israël Valley. À l’occasion de la 135e édition de son carnaval, Nice, la ville la plus « vidéosurveillée » de France et dotée d’une des plus anciennes et importantes polices municipales armées, expérimente les 19 et 20 février une nouvelle technologie sécuritaire, la reconnaissance faciale.

C’est le logiciel développé par laqui va être expérimenté durant deux jours. Un millier de participants volontaires, dont les opérateurs de vidéosurveillance ont la photo, ont accepté d’être repérés par six caméras de vidéosurveillance positionnées sur une partie de l’enceinte du carnaval. Le logiciel fonctionne avec des clichés de très basse qualité ou vieux de vingt ans, a assuré le maire en présentant le dispositif.

Plusieurs scénarios vont être testés: disparition d’un enfant perdu dans la foule, personne âgée égarée ou présence d’une personne recherchée. En décembre, Christian Estrosi avait déjà demandé au préfet de lui fournir la liste des « fichés S » de sa ville, afin de « pouvoir suivre toutes les allées et venues des individus en question » , via un logiciel de reconnaissance faciale qui serait relié à l’ensemble des caméras de la ville.

Sur la reconnaissance faciale lors du carnaval, la Commission Nationale Informatique et Liberté s’est cependant exprimée, en émettant des réserves, car elle pose, de fait, de lourdes questions éthiques, en matière de respect des libertés publiques et au regard du risque de l’émergence d’une société de surveillance généralisée.

Cette technologie est en effet de plus en plus utilisée, par exemple par l’iPhone ou le réseau social Facebook et elle est particulièrement développée en Chine.

La réflexion éthique est pourtant peu développée en France. À Nice, un rapport sur l’expérimentation doit être remis à la Cnil dans un délai de deux mois.

Brad Smith, président de Microsoft, a appelé à l’émergence d’une législation sur la reconnaissance faciale en faisant référence au livre 1984.

Source : La Croix & Israël Valley

 

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