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Jacques Attali, économiste, essayiste, président de la Fondation Positive Planet et auteur de « Vers une révolution positive: 20 solutions citoyennes pour changer le monde », était invité dimanche dans Elie sans interdit pour s’exprimer sur le monde tel qu’il sera en 2040.

« Le plus vraisemblable est que la situation en 2040 sera plutôt bonne après une tragédie. Je crois que le monde est tragique, mais provisoirement », a déclaré Jacques Attali.

« En 2040, la préoccupation principale du prochain président sera de créer les conditions de marché commun entre l’Europe et l’Afrique, qui sera un potentiel de croissance énorme, et de créer les conditions de réaliser enfin ce marché commun du Moyen Orient qui est la clé de la paix du monde », a-t-il ajouté.

L’économie du Moyen-Orient est aussi diversifiée que le sont les pays qui le composent. D’une part, la production et l’exportation d’hydrocarbures et de matières premières constitue toujours largement la première source de richesse du Moyen-Orient et notamment pour les pays de la péninsule Arabique, l’Irak et le Koweït.

Cependant, d’autres pays tels Israël, le Liban, la Jordanie, la Turquie ou Chypre ou certains émirats ont tourné leur économie vers d’autres activités telles que le tourisme, le commerce, l’agriculture ou les hautes technologies. Aussi, Jacques Attali défend-il l’idée d’un marché commun du Moyen Orient.

« Jérusalem, capitale du marché commun du Moyen Orient, c’est la capitale de l’Etat d’Israël et de l’Etat Palestinien. Moi je suis de ceux qui pensent qu’il y a un seul Etat au monde qui a intérêt à l’existence d’un Etat palestinien, c’est Israël, » a-t-il affirmé.

Ecologie et intelligence artificielle

De nombreux indicateurs alarmants laissent craindre le pire pour l’avenir proche, sur les plans économique, social et environnemental.

Sur l’écologie, Jacques Attali a averti qu’ »on est en situation presque irréversible de dégradation de la situation, on va s’en aucun doute vers une augmentation de la température de deux ou trois degrés en 2040″.

L’un des autres grands enjeux de l’avenir s’avère être l’intelligence artificielle. Technologie avant-gardiste qui arrive à reproduire le fonctionnement du cerveau humain sur des taches spécifiques, l’intelligence artificielle a pris son envol en 2012 en apportant de nombreux défis et des dangers auxquels il faut faire face.

« L’intelligence artificielle c’est juste le fait d’aller plus loin dans l’utilisation des données par l’informatique et d’utiliser tellement bien ces données qu’on pourra mieux prévoir et comprendre comment les gens se comportent, en ayant fait une accumulation massive de données », indique toutefois Jacques Attali, soulignant que « c’est tout sauf de l’intelligence ».

Selon lui, « la vraie science, en 2040, celle qui sera à mon avis la plus importante c’est ce qu’on appelle le bio mimétisme ».

« L’homme n’est obsédé que par une seule chose: vivre le plus longtemps possible. Et il a compris depuis longtemps que toi et moi on est mortels mais que cette table est immortelle et donc il veut se transformer en objet », explique-t-il.

Une économie positive

Comment trouver une voie de sortie à la crise systémique que nous traversons ? En passant à un nouveau modèle: l’économie positive. Une économie où les richesses créées ne sont pas une fin en soi, mais un moyen pour servir des valeurs supérieures, altruistes.

« On aura trouvé une façon de mettre en place une économie positive, c’est-à-dire l’économique qui travaille dans l’intérêt des générations suivantes », explique l’économiste.

« La clé idéologique, c’est qu’on va basculer d’une société du moi d’abord à comprendre progressivement qu’on a intérêt au bonheur des autres », ajoute-t-il.

Au sujet de l’économie actuelle, il précise que « cette économie est désastreuse, parce que dans la mesure où elle favorise l’instant et l’individu, elle aggrave les inégalités, elle concentre les richesses, elle ne s’occupe pas de l’avenir ».

Et de conclure: « Je dis ce qui nous attends non pas parce que j’annonce le pire parce qu’il aura lieu mais parce qu’annoncer le pire est la seule façon de l’éviter (…) Moi je ne suis ni optimiste ni pessimiste parce que je considère qu’optimiste et pessimiste sont des attitudes de spectateur ».

https://www.i24news.tv/fr/actu/international/europe/195501-190217-elie-sans-interdit-entretien-avec-jacques-attali-auteur-de-vers-une-revolution-positive

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