Partager

La Pologne a tenté d’adoucir les tensions avec Israël, nées d’une polémique sur des propos du Premier ministre Benyamin Netanyahou concernant l’implication Varsovie dans la Shoah.

Interrogé sur un accord entre Israël et la Pologne visant à mettre fin à la brouille portant sur une loi adoptée par Varsovie criminalisant la responsabilité de la nation polonaise pour les crimes nazis, Netanyahou avait récusé l’idée qu’il adhérait à la législation controversée.

« Je dis ici que les Polonais ont coopéré avec les nazis. Je connais l’histoire et je ne la blanchis pas. J’en parle », a-t-il déclaré jeudi à Varsovie, où il participait à une conférence internationale sur la sécurité au Moyen-Orient.

Selon plusieurs médias, Netanyahou aurait déclaré « que les Polonais ont coopéré avec les nazis », bien que le bureau du Premier ministre ait précisé par la suite qu’il n’avait pas dit « les » mais « des ».

Dans une lettre adressée au bureau du Premier ministre polonais, l’ambassadrice d’Israël à Varsovie, Anna Azri, a précisé les propos de Netanyahou afin de dissiper le malentendu.

« Le Premier ministre n’a pas dit que la ‘nation’ polonaise avait commis des crimes contre les Juifs, mais que des ‘Polonais’ avaient coopéré avec les nazis », a-t-il expliqué.

Le porte-parole de la présidence polonaise a indiqué avoir « reçu des explications de la partie israélienne concernant les propos du Premier ministre Netanyahou », ajoutant qu’il s’agissait apparemment « d’une manipulation journalistique ».

Plus tôt, le président polonais Adrzej Duda avait menacé de se retirer du prochain sommet du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République Tchèque et Slovaquie) qui doit se tenir exceptionnellement en Israël la semaine prochaine.

« Vu la situation, Israël n’est pas un bon endroit pour se rencontrer », avait écrit Duda sur Twitter.

Cet incident a inquiété Netanyahou qui cherche à resserrer les liens avec la Pologne et d’autres pays d’Europe centrale dans le but de constituer un bloc de soutien à Israël au sein de l’UE.

Netanyahou a d’abord proposé d’accueillir une réunion du groupe Visegrad, également connu sous le nom de V4, en juillet 2017 à Budapest. À l’époque, Netanyahu entendait se plaindre auprès des dirigeants d’Europe centrale de la politique « folle » de l’Union européenne face au conflit israélo-palestinien.

Le Premier ministre a critiqué Bruxelles pour son traitement d’Israël, appelant le V4 à user de son influence au sein de l’organisation pour assouplir les conditions permettant de resserrer les liens entre Israël et l’UE.

Le sommet de Jérusalem doit mettre également l’accent sur les moyens par lesquels les quatre pays peuvent aider à combattre ce que Netanyahou considère comme la politique illégale du l’UE à l’égard d’Israël.

Les relations en Jérusalem et Varsovie ont connu l’an dernier d’importantes perturbations en raison d’une loi destinée à défendre l’image de la Pologne du temps de la Seconde guerre mondiale, et perçue en Israël comme une tentative potentielle de nier la participation de certains Polonais aux crimes contre les Juifs.

La loi a finalement été amendée dans le sens souhaité par Israël.

Netanyahou a cependant été critiqué par des historiens en Israël, y compris à Yad Vashem, pour avoir accepté une déclaration qui, selon eux, déformait l’histoire.

« L’idée de déformer l’histoire ou de la cacher est un non-sens », a déclaré Netanyahou aux journalistes jeudi.

Les principaux historiens israéliens ont sévèrement critiqué la déclaration commune, arguant qu’elle reprenait à tort le récit polonais de l’Holocauste, exagérant les efforts polonais pour sauver les Juifs et minimisant les atrocités anti-juives commises par les Polonais.

 

Source : i24 News

Partager