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Par Jean-Francois Munster. Concurrencer Tel-Aviv. Un grand pont blanc métallique surplombant les voies de chemin de fer relie, physiquement et symboliquement, l’Université Ben Gourion au second élément de cet écosystème : le secteur privé.

On retrouve dans le cyber park des centres de recherche et développement de multinationales étrangères (IBM, Deutsche Telekom, Oracle, Dell EMC…) que le gouvernement cherche à attirer dans ce coin reculé à coup de généreux incitants financiers (la moitié des salaires des employés est prise en charge via des réductions de taxes).

Il n’est pas facile de concurrencer Tel-Aviv, ville très vivante bordée par la mer et cœur de l’industrie IT israélienne…

Il y a aussi des start-up qui choisissent de rejoindre les incubateurs de la ville, attirées par des bourses de l’Innovation authority (fonds gouvernemental pour l’innovation) ainsi que par une main-d’œuvre moins chère qu’à Tel-Aviv et la présence du Jerusalem Venture Partners, l’un des plus gros fonds d’Israël dans le secteur de la cybersécurité. Le soutien du gouvernement ne se limite pas à ces bourses et incitants financiers. Pour montrer l’exemple, il a logé à Beer Sheva le CERT, le centre chargé de porter assistance aux citoyens, aux entreprises, aux infrastructures victimes de cyberattaques.

L’élite de l’armée

Mais la clé du succès de Beer Sheva, c’est l’installation d’ici 2022 des deux composantes d’élite de l’armée israélienne : l’IT (3.000 soldats et officiers) et les services de renseignement (8.000). Celles-ci sont indissociables du succès de l’industrie de la cybersécurité israélienne. En état de guerre pratiquement permanent, Israël a toujours englouti des sommes énormes pour assurer sa défense. Ces dernières années, la menace a évolué. La guerre ne se mène plus uniquement avec des missiles et des frappes aériennes mais aussi via clavier interposé. Une nouvelle menace diffuse, protéiforme, peut cibler les infrastructures critiques du pays (électricité, eau, banques, aéroport…) et le mettre à genoux.

« Tous les jours, nous sommes la cible de cyberattaques de l’Iran, a ainsi expliqué Benjamin Netanyahu, lors d’un discours à la conférence Cybertech qui a réuni à Tel-Aviv la semaine dernière tout le gratin de l’industrie. Israël serait le second pays le plus attaqué au monde après les Etats-Unis. Il rend la pareille bien sûr, même si ses responsables restent très discrets sur ce sujet. Il est généralement admis que le virus Stuxnet qui a causé de graves dommages au programme nucléaire iranien a été développé par les Israéliens et les Américains…

Israël s’est fixé pour ambition de faire partie des cinq plus grandes cyber puissances au monde et a développé de redoutables capacités, à la fois défensives et offensives, pour mener ces guerres d’un nouveau genre. Mais ce n’est pas à fonds perdu.

http://in.bgu.ac.il/en/French/pages/news/cybers%C3%A9curit%C3%A9-capitale%20.aspx

 

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