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Un article de Guillaume Lenorman pour Israël Valley. La traditionnelle distinction entre Tel-Aviv et Jérusalem s’applique aux chiens et aux chats.

Les canins, surtout à Tel-Aviv (qui serait, devant New York, la ville au plus haut ratio de chien par habitant), ont atteint un stade de domestication proche de la sacralisation régressive. Ils ont leurs boutiques, leurs plages, leur festival, leurs gamelles d’eau fraîche dans chaque restaurant et bar.

A l’inverse, les chats, eux, rôdent de Tel-Aviv à Jérusalem, à la recherche d’une pile de croquettes laissée par une vieille dame, tout à leur survie et luttes territoriales. On dit que leurs ancêtres ont été lâchés ici par les Anglais du temps du mandat britannique, afin de traquer les rats. Leurs descendants seraient aujourd’hui aux alentours de deux millions, soit un chat de gouttière pour quatre habitants, un record mondial. A Jérusalem, leur concentration est estimée à 2 000 félins sauvages au kilomètre carré.

Bref, Israël a un problème de chats. Ce qui rend la dernière décision du nouveau maire de Jérusalem d’autant plus étonnante. Moshe Leon a annoncé que la municipalité allait allouer 100 000 shekels par an pour nourrir les félins de la Ville sainte, que son prédécesseur avait affamé en installant des poubelles aux couvercles hermétiques. Des «points d’alimentation» seront par ailleurs ouverts pour y laisser des croquettes. L’annonce a horrifié les experts qui prévoient un scénario catastrophe pour la biodiversité locale.

La haute considération de l’édile pour les khatoulim peut s’expliquer par son biais religieux. En se basant sur certaines interprétations de la Torah, de nombreux rabbins interdisent tout mauvais traitement des animaux. En 2015, le ministre de l’Agriculture Uri Ariel s’était appuyé sur ces lectures talmudiques pour couper les subventions allouées à la stérilisation des chats non domestiqués. Pour réguler leur nombre, il avait évoqué un plan à les déporter dans un pays étranger.

Source : Libération & Israël Valley

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