L’israélienne Rutu Modan sera mise à l’honneur au festival BD d’Angoulème

By |2018-12-08T10:17:51+00:00décembre 8th, 2018|Categories: CULTURE, FRANCE-ISRAEL|
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Un article de Guillaume Lenorman pour Israël Valley. Pour son édition 2019, le Festval International de BD d’Angoulème rend hommage à l’autrice israélienne Rutu Modan, lauréate du Prix Essentiel pour Exit Wounds en 2008 et Prix spécial du jury pour La propriété en 2014. Une vaste exposition rétrospective sera ainsi consacrée à sa carrière, débutée en 1990. Alors étudiante aux Beaux-Arts à Jérusalem, la jeune artiste née en 1966 y découvre le magazine Raw et la BD indépendante américaine.

Au milieu des années 1990, avec l’illustrateur et auteur de BD Yirmi PInkus, elle crée le collectif Actus Tragicus, qui compte aussi parmi ses membres Itzik Rennert, Batia Kolton et Mira Fridman.

Son style s’éloigne peu à peu de la caricature, s’adoucit, sous l’influence d’un auteur qu’elle admire, Jacques de Loustal. Rutu Modan ne cesse d’être frappée par le fait que la réalité est souvent plus extrême et plus ridicule que ce qu’en dépeint la fiction, notamment la bande dessinée. Elle opère un glissement à la fois narratif et graphique, s’éloignant d’une vision distordue des choses et collant de plus près au réel pour mieux en souligner son absurdité et ses dysfonctionnements. Elle épure son dessin, le tirant consciemment vers la simplicité de la ligne claire.

Avec le récit court Retour à la maison (2002), elle traite pour la première fois ouvertement d’un sujet inspiré par la vie en Israël, – un père israélien croit voir revenir son fils, disparu au Liban, revenir.

Rutu Modan s’attache à mêler intime et société dans ses bandes dessinées, faisant de l’absence, des faux-semblants et de la famille ses thèmes de prédilection. Ça sera ainsi Exit Wounds en 2007, traversé par la figure d’un père absent, puis en 2013 La Propriété, dont l’exergue résume parfaitement les préoccupations de l’autrice : « En famille, on n’a pas à dire toute la vérité et ça ne s’appelle pas mentir ».

Rutu Modan manifeste un humour acide, faisant fi du politiquement correct, soulignant toujours avec subtilité le ridicule des situations ou des propos.

Source : FIBD & Israël Valley

 

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